Home MondeLe sénateur brésilien Flavio Bolsonaro courtise les chefs d’entreprise avant la présidentielle

Le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro courtise les chefs d’entreprise avant la présidentielle

by Clara Dubois

Brasilia – Le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, multiplie les rencontres avec le monde économique et financier afin de dissiper les doutes concernant ses orientations économiques, alors qu’il prépare sa candidature à l’élection présidentielle de 2026. Cette offensive vise à convaincre les acteurs économiques qui avaient soutenu son père en 2018 de la crédibilité de son projet.

La semaine dernière, une première réunion organisée dans les locaux d’UBS à São Paulo a révélé un scepticisme marqué quant à la solidité de sa candidature. Des participants ont ouvertement remis en question le sérieux de son ambition présidentielle. Le sénateur Bolsonaro prévoit désormais une série d’entretiens avec des banques, des fonds d’investissement, des dirigeants d’entreprises et des personnalités influentes du secteur financier, ainsi qu’un voyage aux États-Unis, selon des sources proches de son équipe.

À ce stade, il est peu probable que Flavio Bolsonaro dévoile un programme économique détaillé avant février prochain. Il privilégie actuellement une phase de consultations intensives avec le secteur privé et de rencontres internationales, a précisé une source.

L’annonce de la potentielle candidature de Flavio Bolsonaro a eu un impact négatif sur les marchés financiers brésiliens, avec une chute de la monnaie et du cours de la bourse. Les investisseurs avaient initialement misé sur le soutien de l’ancien président à un candidat plus expérimenté, tel que le gouverneur de São Paulo, Tarcisio de Freitas, son ancien ministre, pour affronter le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva lors de l’élection de 2026.

Un récent sondage de l’institut Quaest indique que Lula da Silva devancerait à la fois Tarcisio de Freitas et Flavio Bolsonaro de 10 points de pourcentage dans un second tour simulé. Le jeune Bolsonaro avait par ailleurs semé le doute dimanche dernier en évoquant la possibilité de se retirer de la course, même si cela impliquait « un prix », tandis que ses alliés au Congrès œuvraient à réduire la peine de prison de son père.

Il s’est depuis engagé à poursuivre sa campagne, promettant un programme économique favorable au marché, qu’il décrit comme « un Bolsonaro plus centriste ». Bien qu’il n’ait pas encore désigné de coordonnateur pour élaborer ses propositions, il a laissé entendre que son programme s’inspirerait des politiques économiques de son père, notamment les privatisations et la discipline budgétaire.

Lors du déjeuner chez UBS, Flavio Bolsonaro a suggéré que son équipe économique pourrait être composée de figures telles que Paulo Guedes, l’économiste formé à l’Université de Chicago qui avait été ministre de l’Économie sous son père, Roberto Campos Neto, l’ancien gouverneur de la banque centrale, ou Gustavo Montezano, l’ancien directeur de la banque de développement.

Cependant, selon des sources proches de ces anciens responsables, ni Paulo Guedes ni Roberto Campos Neto ne souhaitent s’impliquer dans la campagne de Flavio Bolsonaro. Paulo Guedes se montre réticent à revenir sur la scène politique en raison de la polarisation profonde qui traverse le Brésil, tandis que Roberto Campos Neto a pris ses fonctions de vice-président de Nubank, le plus grand prêteur numérique d’Amérique latine, en juillet dernier.

Gustavo Montezano, directeur général de la société d’investissement YvY Capital, était présent au déjeuner chez UBS, mais a précisé par l’intermédiaire de son bureau de presse qu’il y avait assisté uniquement sur invitation des organisateurs. Une source proche du sénateur a affirmé que la personne choisie pour diriger son équipe économique sera « quelqu’un qui a travaillé avec Guedes, qui en est proche ou qui partage le même agenda ».

Des contacts ont également été pris avec Adolfo Sachsida, qui a dirigé le secrétariat de politique économique sous Paulo Guedes et a ensuite été ministre de l’Énergie. Ces discussions ont principalement porté sur le soutien politique plutôt que sur un rôle spécifique dans la campagne, selon une source.

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