Publié le 22 décembre 2025 à 20h44. Une épidémie de grippe, dominée par le sous-type H3N2, se propage plus rapidement que d’habitude en Europe, avec une augmentation notable des hospitalisations au Royaume-Uni et une hausse des signalements aux Pays-Bas.
- La saison grippale a débuté trois à quatre semaines plus tôt que la normale dans de nombreux pays européens.
- Le sous-type H3N2 affecte principalement les enfants de 5 à 14 ans, moins exposés ces dernières années.
- Le vaccin antigrippal offre une protection variable selon l’âge, avec une efficacité d’environ 75 % chez les jeunes et de 30 à 40 % chez les plus de 65 ans.
L’épidémie de grippe européenne de cette année prend de l’ampleur, avec une prédominance du sous-type A H3N2. Selon les données de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies), la saison a démarré de manière précoce, trois à quatre semaines avant la date habituelle, dans de nombreux pays. Cette propagation rapide est particulièrement visible chez les enfants âgés de 5 à 14 ans, une tranche d’âge qui a été moins exposée à ce sous-type de grippe ces dernières années, et donc moins immunisée.
Au Royaume-Uni, la situation est préoccupante. Le nombre d’hospitalisations liées à la grippe a connu une augmentation rapide, avec plus de 3 000 personnes admises en moyenne ces dernières semaines. Si certains évoquent une « super grippe », les experts tempèrent ces affirmations, soulignant que ce terme est souvent utilisé à tort. L’efficacité du vaccin antigrippal est un facteur déterminant dans l’impact de cette saison. Des études britanniques récentes indiquent que le vaccin est généralement efficace, réduisant d’environ 75 % le risque d’hospitalisation chez les enfants et les jeunes adultes. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, la protection est plus faible, oscillant entre 30 et 40 %, un niveau toutefois considéré comme normal pour les vaccins antigrippaux.
Aux Pays-Bas, les indicateurs montrent également une augmentation rapide des cas. Les stations sentinelles du Nivel (Institut néerlandais pour la santé publique et l’environnement) ont enregistré 40 cas de syndromes pseudo-grippaux pour 100 000 habitants au cours de la semaine du 8 au 14 décembre (semaine 50). Bien que ce chiffre soit encore légèrement inférieur au seuil d’augmentation de l’activité (46 pour 100 000), il témoigne d’une nette progression, quatre semaines plus tôt qu’il y a un an. Il est donc probable que les Pays-Bas soient confrontés à une nouvelle épidémie de grippe cet hiver. La saison précédente avait été marquée par une période de neuf semaines de surmortalité importante (environ 3 300 décès supplémentaires), à laquelle le coronavirus avait également contribué.
Foekje Stelma, chercheuse au Nivel, appelle à la prudence, mais déconseille toute panique.
« La situation observée dans les hôpitaux britanniques ne peut pas être transposée directement aux Pays-Bas, en raison notamment des problèmes structurels qui affectent le système de santé britannique. »
Foekje Stelma, chercheuse à Nivel
Les recommandations sanitaires restent inchangées : en cas de fièvre, de douleurs musculaires, de toux et de maux de gorge, il est conseillé de boire abondamment, de prendre du paracétamol pour soulager la fièvre et la douleur, de rester à la maison et de respecter les règles d’hygiène pour éviter de contaminer son entourage. Il est important de consulter un médecin si les symptômes s’aggravent ou si l’on ressent une difficulté respiratoire ou une somnolence excessive. Aux Pays-Bas, la vaccination antigrippale est recommandée pour les personnes âgées de 60 ans et plus, ainsi que pour les personnes présentant des facteurs de risque. Actuellement, un peu plus de la moitié de ce groupe s’est fait vacciner chaque année.
