Publié le 2026-01-02 17:49:00. Malgré une économie américaine globalement robuste, le marché du travail du Nebraska montre des signes de faiblesse croissants, avec une augmentation du chômage et un ralentissement de l’embauche, particulièrement chez les jeunes diplômés.
- Le taux de chômage au Nebraska a augmenté, atteignant 4,6 % en novembre 2025, son plus haut niveau depuis plus de quatre ans.
- Les secteurs manufacturiers du Nebraska ont connu une baisse significative de leurs exportations, avec une diminution d’environ 700 millions de dollars (12,6 %) au cours des neuf premiers mois de l’année.
- La fermeture de l’usine Tyson Foods à Lexington aura un impact économique annuel estimé à 3,3 milliards de dollars sur l’État.
Une divergence inquiétante se dessine entre la performance macroéconomique des États-Unis et la réalité vécue sur le marché du travail, notamment dans le Nebraska. Alors que le produit intérieur brut (PIB) américain a affiché une croissance de 4,3 % au troisième trimestre 2025 – son meilleur résultat en deux ans – et que les marchés boursiers flirtent avec des records, l’emploi peine à suivre le rythme.
Selon Ernie Goss, professeur d’économie à l’Université de Creighton, plusieurs facteurs contribuent à cette situation, dont l’inflation persistante et l’impact des droits de douane. Il souligne que ces derniers affectent de manière disproportionnée les petites et moyennes entreprises (PME), moins capables d’absorber les coûts supplémentaires liés aux importations, notamment en provenance de Chine.
Les données confirment cette tendance. L’indice des conditions commerciales en Amérique centrale, élaboré par Goss, révèle que les exportations manufacturières du Nebraska ont chuté d’environ 700 millions de dollars (12,6 %) entre janvier et septembre 2025, un déclin plus de deux fois supérieur à celui observé dans l’ensemble de la région des neuf États couverts par l’étude.
Ce ralentissement de l’embauche se traduit par une augmentation du nombre de demandeurs d’allocations chômage. En septembre et octobre 2025, le nombre hebdomadaire moyen de Nébraskans percevant ces aides a augmenté de 3 % par rapport à la même période en 2024. Si cette hausse est moins prononcée que dans certains États voisins – le Dakota du Sud (+5,1 %), le Kansas (+10,2 %) et le Missouri (+13,1 %) – elle témoigne néanmoins d’une détérioration du marché du travail.
Un rapport publié en septembre 2025 par la succursale d’Omaha de la Federal Reserve Bank de Kansas City met en évidence un ralentissement de la croissance de l’emploi dans la plupart des secteurs privés du Nebraska au cours de l’été, à l’exception de la construction, des soins de santé, des loisirs et de l’hôtellerie. Les employeurs anticipent également une poursuite de ce ralentissement.
Les jeunes travailleurs sont particulièrement touchés. Le taux de chômage des 19-22 ans dans les États couverts par la Fed de Kansas City s’élève à 9 %, et celui des 23-24 ans à 6 %.
« Les diplômés universitaires traversent une période particulièrement difficile en ce moment. »
Ernie Goss, professeur d’économie à l’Université de Creighton
La « fuite des cerveaux », c’est-à-dire le départ de jeunes Nébraskans qualifiés vers d’autres États offrant de meilleures perspectives, est également un sujet de préoccupation. Une analyse de la Fondation Aksarben révèle que les deux plus grandes villes de l’État accusent un retard en matière de création d’emplois, avec un déficit de près de 70 000 emplois au cours des cinq dernières années.
« Le manque de croissance de l’emploi, de la main-d’œuvre et des salaires associés a effectivement fait stagner l’économie en termes de croissance économique réelle. »
Dana Bradford, PDG de C3 Brands et ancien président de la Chambre de commerce d’Omaha
Par ailleurs, le nombre de licenciements collectifs a augmenté au Nebraska, avec 14 annonces en 2025, un chiffre équivalent à celui de 2023 et le plus élevé depuis la pandémie. Neuf de ces licenciements concernent au moins 100 employés, un niveau jamais atteint depuis 2020.
L’événement le plus significatif reste la fermeture de l’usine Tyson Foods à Lexington, qui entraînera la perte de plus de 3 200 emplois ce mois-ci et un impact économique annuel estimé à 3,3 milliards de dollars sur l’État, selon une étude récente du Centre pour la rentabilité agricole de l’Université du Nebraska-Lincoln.
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