Publié le 24 octobre 2024. Malgré son efficacité reconnue, le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) peine à convaincre une partie de la population, en raison de désinformations persistantes et de tabous culturels qui freinent l’immunisation des jeunes.
- Le vaccin contre le VPH est l’une des mesures de prévention les plus efficaces contre certains cancers, mais la couverture vaccinale reste insuffisante au Brésil.
- La désinformation, notamment concernant des effets secondaires inexistants ou une association erronée avec une initiation sexuelle précoce, constitue un frein majeur à l’adhésion.
- Le virus du papillome humain est responsable d’environ 620 000 nouveaux cas de cancer dans le monde chaque année.
Le vaccin contre le VPH, considéré comme un outil majeur de santé publique, se heurte à une résistance notable, tant du côté des familles que des adolescents eux-mêmes. Selon le Dr Martim Elviro, médecin généraliste et professeur de médecine à la Faculdade Santa Marcelina, cette réticence est principalement alimentée par des idées fausses et des normes sociales.
« De nombreux parents associent encore la vaccination à l’initiation précoce à la vie sexuelle des adolescents, alors qu’en réalité il s’agit d’une mesure préventive pour se protéger contre des virus très dangereux. En outre, des mythes circulent sur les effets secondaires graves, qui ne sont pas confirmés par les études cliniques. »
Dr Martim Elviro, médecin généraliste et professeur de médecine à la Faculdade Santa Marcelina
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le virus du papillome humain (VPH) est l’un des virus sexuellement transmissibles les plus répandus au monde, et qu’il est à l’origine d’environ 620 000 nouveaux cas de cancer chaque année, dont 620 000 chez les femmes et 70 000 chez les hommes. Au Brésil, le cancer du col de l’utérus, directement lié au VPH, est responsable de plus de 16 000 nouveaux cas et d’environ 6 000 décès annuellement. Pourtant, des idées reçues persistent, comme la conviction que la vaccination ne concerne que les filles, la crainte d’effets secondaires importants et la perception d’un risque VPH faible.
Le Dr Elviro insiste sur la solidité des preuves scientifiques concernant les bénéfices du vaccin. Il protège contre les principaux types de VPH responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, du pénis, de l’anus et de l’oropharynx, et prévient également les verrues génitales. Administré à l’adolescence, il réduit le risque de cancer du col de l’utérus jusqu’à 86 % chez les femmes vaccinées avant l’âge de 20 ans, selon des études internationales.
« Nous parlons d’un vaccin qui sauve des vies. Dans les pays à forte couverture, comme l’Australie et le Royaume-Uni, on a déjà observé une baisse significative des cas de cancer du col de l’utérus. Cela montre l’impact concret que nous pouvons également obtenir au Brésil si nous augmentons l’observance. »
Dr Martim Elviro, médecin généraliste et professeur de médecine à la Faculdade Santa Marcelina
Bien que le Système Unifié de Santé (SUS) propose gratuitement la vaccination aux filles et aux garçons âgés de 9 à 14 ans, la couverture vaccinale au Brésil reste inférieure aux objectifs. En 2019, seulement 49,6 % des adolescents étaient entièrement vaccinés, un chiffre bien en deçà des 90 % observés dans des pays voisins comme le Mexique et le Pérou. Pour le spécialiste, la clé réside dans une communication efficace. « Les médecins, les écoles et les familles doivent travailler ensemble pour déconstruire les mythes et montrer que le vaccin n’est pas un choix concernant le présent, mais un investissement dans la santé future de nos jeunes », souligne-t-il.
Le dialogue clair et accessible est essentiel pour instaurer la confiance. Lorsque les écoles proposent des séances d’information pédagogiques, lorsque les médecins présentent des données factuelles et lorsque les familles s’impliquent activement, les adolescents comprennent que le vaccin n’est pas une simple injection, mais un atout pour leur qualité de vie. L’expérience internationale confirme cette approche : les régions affichant une couverture vaccinale élevée ont déjà constaté une diminution significative des cas de cancer et des décès liés au VPH, tandis que les régions où l’adhésion est faible continuent de connaître des taux d’infection élevés et une pression accrue sur les systèmes de santé.
Le Dr Martim Elviro conclut en réaffirmant que le vaccin contre le VPH est sûr, efficace et vital pour sauver des vies. La résistance, bien que toujours présente, doit être combattue par des campagnes d’information, de dialogue et de sensibilisation qui unissent médecins, écoles et familles au service de la santé des nouvelles générations.
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