Publié le 29 septembre 2023. Une étude récente confirme l’efficacité durable du vaccin contre le virus du papillome humain (VPH), même chez les jeunes femmes n’ayant pas reçu la totalité des doses recommandées, offrant ainsi une protection significative contre les cancers liés à ce virus.
- Le vaccin contre le VPH continue de protéger efficacement les jeunes femmes contre les infections et les cancers associés, même avec un schéma vaccinal incomplet.
- L’étude révèle une diminution significative de la prévalence du VPH chez les participantes vaccinées, et même une certaine protection collective dans la communauté.
- Les taux de vaccination contre le VPH ont considérablement augmenté depuis l’introduction du vaccin en 2006, atteignant 82 % en 2023.
Le virus du papillome humain (VPH) est l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus courante dans le monde. Certains types de VPH, à faible risque comme les HPV-6 et -11, peuvent provoquer des verrues génitales. D’autres, à haut risque, notamment les HPV-16 et -18, sont fortement associés au développement de cancers du col de l’utérus, de l’anus et de l’oropharynx, tant chez les femmes que chez les hommes. Selon les auteurs de l’étude, le VPH est à l’origine d’environ 630 000 nouveaux cas de cancer chaque année à l’échelle mondiale, les HPV-16 et -18 étant responsables à eux seuls de 71 % des cancers du col de l’utérus et de 87 % des cancers anaux.
Aux États-Unis, trois vaccins contre le VPH ont été approuvés : Cervarix (2vHPV), Gardasil (4vHPV) et Gardasil 9 (9vHPV). Le vaccin 9-valent offre désormais une protection contre les types de VPH responsables d’environ 90 % des cancers du col de l’utérus. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) recommandent une vaccination systématique des personnes âgées de 9 à 26 ans, selon un schéma à deux ou trois doses. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) autorise, quant à elle, une dose unique pour les personnes âgées de 9 à 20 ans.
Une nouvelle étude, publiée le 29 septembre dans la revue JAMA Pédiatrie, confirme l’efficacité à long terme de ces vaccins. Les chercheurs du centre médical de l’hôpital pour enfants de Cincinnati ont analysé 17 années de données sur l’utilisation du vaccin contre le VPH, en suivant l’évolution des tendances chez les adolescentes et les jeunes femmes vaccinées et non vaccinées. L’objectif était de déterminer l’efficacité du vaccin dans des contextes réels et au sein de différentes communautés, notamment celles présentant un risque plus élevé d’infection.
L’étude a porté sur 2 335 participantes, dont l’âge moyen était de 18,9 ans. La majorité des participantes étaient afro-américaines (65 %) ou blanches (25 %). Plus de la moitié (51 %) déclaraient avoir contracté une IST et près de 79 % avoir eu au moins deux partenaires sexuels masculins au cours de leur vie. Les données ont été recueillies grâce à des questionnaires portant sur les antécédents médicaux, les comportements à risque et les données démographiques, ainsi que par des analyses d’échantillons cervico-vaginaux pour détecter la présence du VPH.
Les résultats montrent une augmentation spectaculaire des taux de vaccination au cours de la période étudiée, passant de 0 % en 2006 à 82 % en 2023. Parmi les 1 495 participantes ayant reçu au moins une dose du vaccin, 71 % avaient reçu le vaccin quadrivalent et 29 % le vaccin 9-valent. La proportion de participantes ayant reçu le vaccin 9-valent a augmenté avec le temps, en raison de sa disponibilité accrue et des recommandations mises à jour.
L’étude a démontré une forte efficacité du vaccin contre tous les types de VPH étudiés. Chez les participantes vaccinées, la proportion de tests positifs pour au moins un type de VPH est passée de 28 % à 0,4 % pour le vaccin bivalent, de 35 % à 2,1 % pour le vaccin quadrivalent et de 49 % à 11,8 % pour le vaccin 9-valent. De manière intéressante, même chez les participantes non vaccinées, on a observé une diminution de la positivité au VPH, suggérant une protection collective significative au sein de la communauté.
Les auteurs de l’étude soulignent l’importance de poursuivre les recherches pour évaluer l’efficacité à long terme du vaccin 9-valent, ainsi que l’intérêt d’explorer des schémas de vaccination à dose réduite. Ils recommandent également d’étendre la vaccination aux garçons et d’accroître la couverture vaccinale à l’échelle mondiale afin de réduire les disparités en matière de cancer lié au VPH. Lien vers l’étude originale dans JAMA Pédiatrie
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