Home MondeLe Venezuela promet une réforme du secteur pétrolier après l’éviction de Nicolas Maduro

Le Venezuela promet une réforme du secteur pétrolier après l’éviction de Nicolas Maduro

by Clara Dubois

Caracas s’apprête à modifier en profondeur sa législation pétrolière dans un contexte de rapprochement avec Washington, après le renversement de Nicolás Maduro. L’objectif affiché : attirer de nouveau les investissements étrangers et relancer une production de pétrole en chute libre.

La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé jeudi devant le Parlement vénézuélien une réforme de la loi sur les hydrocarbures, actuellement restrictive quant à la participation d’entreprises étrangères dans l’exploitation des ressources nationalisées. Cette modification s’accompagnera d’une révision des dispositions dites “anti-blocus”, mises en place pour contrer les sanctions américaines en vigueur depuis 2019.

L’annonce intervient après que le président américain Donald Trump a affirmé, suite à la destitution de Maduro le 3 janvier, que les États-Unis exerçaient un contrôle effectif sur le Venezuela, et que l’accès aux vastes réserves pétrolières du pays constituait un objectif majeur de cette intervention. Trump a d’ailleurs exhorté les dirigeants du secteur pétrolier à investir au Venezuela.

Le Venezuela, qui détient environ un cinquième des réserves mondiales de pétrole, était autrefois un fournisseur important de brut pour les États-Unis. Cependant, sa production a chuté à environ 1 % de la production mondiale totale en 2024, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Cette baisse est due à des années de sous-investissement, de sanctions et d’embargos.

Rodriguez a précisé que la réforme juridique visait à diriger les fonds vers « de nouveaux secteurs, des domaines qui n’ont jamais bénéficié d’investissements et où les infrastructures sont inexistantes ». Le pays a produit plus d’un million de barils de pétrole par jour en 2025 – contre un minimum historique d’environ 360 000 – mais reste loin des trois millions de barils par jour pompés il y a 25 ans.

À ce stade, Chevron est la seule entreprise américaine encore présente au Venezuela, opérant sous une licence spéciale d’exemption des sanctions. Exxon Mobil et ConocoPhillips avaient quitté le pays en 2007 après avoir refusé les demandes du président Hugo Chavez de céder le contrôle majoritaire à l’État. Ces entreprises réclament aujourd’hui le remboursement de milliards de dollars que le Venezuela leur doit, selon leurs affirmations.

Le ministère américain de l’Énergie a dévoilé un plan pour développer l’industrie pétrolière vénézuélienne et a commencé à commercialiser le brut vénézuélien. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré que Washington contrôlerait « indéfiniment » les ventes de pétrole vénézuélien.

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