Publié le 1er octobre 2025 à 16h11. Le vol de vélos, en particulier de vélos électriques, est en forte augmentation en Suisse. Une enquête de la « Rundschau » a permis de suivre un vélo volé jusqu’en Albanie, révélant un réseau criminel complexe où les vélos peuvent servir de monnaie d’échange pour des stupéfiants.
- En 2024, 54 308 vélos et vélos électriques ont été signalés volés en Suisse.
- La région frontalière de Bâle est particulièrement touchée par ce phénomène.
- Des vélos volés sont retrouvés en Albanie, où ils pourraient être utilisés pour financer l’achat de drogues.
Le vol de vélos est un fléau croissant en Suisse. Au cours des cinq dernières années, le nombre de vélos dérobés a augmenté de 50 %, et la tendance est particulièrement marquée pour les vélos électriques, plus coûteux et donc plus convoités. Pour illustrer l’ampleur du problème, la rédaction de la « Rundschau » a décidé de mener une expérience : un vélo électrique équipé d’un système de suivi GPS et Bluetooth a été délibérément volé à Bâle.
Deux semaines d’attente ont été nécessaires avant que le voleur ne se manifeste. Les images de vidéosurveillance ont capturé le moment où le cadenas a été brisé, et les restes du dispositif de sécurité ont été retrouvés à proximité du domicile du suspect. Grâce au système de suivi, l’équipe de la « Rundschau » a pu suivre le parcours du vélo, qui a quitté la Suisse pour rejoindre le Kosovo, puis l’Albanie.
La police du canton de Bâle-Ville confirme que la proximité de la frontière française est un facteur aggravant. Chaque neuvième vélo volé dans le canton est concerné.
« La quantité de vélos volés est maintenant si grande que nous devons supposer que ce n’est pas seulement des crimes isolés, mais que des structures organisées sont à l’œuvre. »
Christian Plüss, officier de liaison Suisse-France de la police du cantonal du paysage de Bâle
Si la France est souvent la première destination des vélos volés, ils ne s’y arrêtent pas toujours. Selon Christian Plüss, les vélos sont ensuite souvent acheminés vers les États du Maghreb ou les Balkans.
L’enquête de la « Rundschau » a révélé un lien inattendu entre le vol de vélos et le trafic de drogue. Des toxicomanes ont avoué voler des vélos électriques pour financer leur consommation. Il semblerait que les trafiquants de drogue acceptent même les vélos électriques comme moyen de paiement.
Selon des témoignages, les concessionnaires pourraient même être impliqués dans ce système, en commandant des vols de vélos électriques.
« Ils viennent dans l’allée et demandent s’il y a des vélos électriques. Ensuite, les toxicomanes commencent par des outils, ouvrent-les et les vendent. »
Témoignage d’une personne dépendante (anonyme)
Pour un vélo électrique d’une valeur de plusieurs milliers de francs, les toxicomanes recevraient en échange des drogues d’une valeur de 100 à 150 francs.
Six mois après le vol, le vélo de la « Rundschau » a été retrouvé en Albanie, grâce à l’aide des autorités locales. Il se trouvait entre les mains d’un particulier. La police albanaise a ouvert une enquête pour déterminer si l’achat était illégal. Les détails de la transaction restent inconnus, en raison de l’enquête en cours.
Selon Artan Hoxha, journaliste d’investigation spécialisé dans le milieu souterrain albanais, le fait que des vélos volés en Suisse se retrouvent en Albanie est un phénomène relativement nouveau. Cependant, il met en garde contre la sous-estimation de ces filières, qui pourraient également être utilisées pour le trafic de drogues.
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