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Le VRS frappe plus durement les nourrissons de moins de six mois, entraînant près de la moitié des coûts hospitaliers

by Sophie Martin

Publié le 9 octobre 2025 à 17h01. Une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique révèle que les nourrissons de moins de six mois sont les plus touchés par les complications et les coûts liés au virus respiratoire syncytial (VRS) au Canada, soulignant l’importance de la prévention chez ce groupe vulnérable.

  • Les nourrissons de moins de six mois représentent près de 45 % des hospitalisations liées au VRS et 50 % des coûts totaux.
  • Les taux d’hospitalisation pour le VRS ont augmenté après la pandémie de COVID-19, probablement en raison d’une immunité réduite chez les jeunes enfants.
  • De nouveaux outils de prévention du VRS, comme un anticorps à action prolongée et un vaccin maternel, sont désormais disponibles au Canada.

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est une cause majeure de bronchiolite et de pneumonie chez les enfants. Bien que la plupart des enfants soient infectés par le VRS avant l’âge de deux ans, certains développent des formes graves nécessitant une hospitalisation, en particulier les bébés prématurés ou souffrant d’autres problèmes de santé. Une étude récente menée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’UBC a mis en évidence l’ampleur du problème et l’importance de cibler les efforts de prévention sur les nourrissons les plus jeunes.

L’étude, publiée dans Lancet Regional Health – Amériques, a analysé plus de 29 000 hospitalisations à travers le Canada entre 2017 et 2023. Les résultats montrent que les bébés de moins de six mois sont disproportionnellement touchés par le VRS, représentant près de 45 % de toutes les hospitalisations liées à ce virus et près de 50 % des coûts totaux associés. Le coût annuel moyen des hospitalisations liées au VRS s’élève à 66 millions de dollars canadiens, dont 32 millions de dollars sont consacrés aux soins des nourrissons de moins de six mois.

« Ce virus frappe le plus durement nos plus jeunes enfants », a déclaré le Dr. Nirma Khatri Vadlamudi, qui a dirigé l’étude au cours de ses recherches postdoctorales à la Faculté de médecine de l’UBC. « Même si le VRS affecte les enfants de tous âges, le fardeau sanitaire et financier est plus grave chez les nourrissons. »

Dr. Nirma Khatri Vadlamudi

L’étude a également révélé que plus de 80 % des enfants hospitalisés pour VRS ne présentaient aucun facteur de risque connu, ce qui souligne la vulnérabilité des nourrissons en bonne santé. De plus, les chercheurs ont constaté une augmentation des taux d’hospitalisation pour le VRS après la pandémie de COVID-19. En 2022-2023, le taux de nourrissons de moins de six mois a atteint 2 393 pour 100 000 enfants, soit près du double du taux enregistré cinq ans auparavant. Cette augmentation est attribuée à une immunité plus faible chez les enfants qui n’ont pas été exposés au VRS pendant les périodes de confinement, ainsi qu’à une augmentation des tests de dépistage des virus respiratoires.

Les séjours à l’hôpital varient en fonction de la gravité de l’infection. La plupart des enfants sont traités en pédiatrie, mais certains nécessitent des soins intensifs ou une assistance respiratoire. Le coût moyen d’un séjour régulier en salle est d’environ 8 000 $ (canadiens), tandis que les cas nécessitant une ventilation en unité de soins intensifs peuvent dépasser les 80 000 $ (canadiens).

« Ces chiffres sont révélateurs et plaident vraiment en faveur de la priorité accordée au groupe le plus jeune dans nos efforts de prévention », a déclaré le Dr. Julie Bettinger, auteur principal et professeur au département de pédiatrie de la faculté de médecine de l’UBC et chercheur au BC Children’s Hospital Research Institute.

Dr. Julie Bettinger

Ces découvertes interviennent alors que le Canada déploie de nouveaux outils pour prévenir le VRS, notamment un anticorps à action prolongée et un vaccin maternel approuvés en 2023. Les chercheurs de l’UBC ont contribué à évaluer ces options grâce à une étude nationale dirigée par le Programme des maladies infectieuses reproductives et le Centre d’évaluation des vaccins, qui joue un rôle essentiel dans l’orientation des décisions de santé publique concernant la meilleure façon de protéger les nouveau-nés.

« Cette étude fournit aux décideurs les données dont ils ont besoin », a conclu le Dr. Vadlamudi. « Si nous pouvons prévenir le VRS chez les nourrissons, nous pouvons protéger leur santé et réduire la pression sur les hôpitaux et les budgets de santé. » Les auteurs espèrent que leurs travaux contribueront à l’élaboration de politiques nationales et au déploiement de programmes de prévention du VRS ciblant les nourrissons, en particulier ceux de moins de six mois.

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