L’activité économique à Buenos Aires a montré des signes de ralentissement au deuxième trimestre, marquant une première baisse depuis plus d’un an, malgré une performance globale supérieure à celle de l’année précédente. Cette contraction, bien que modérée, suscite des interrogations sur la pérennité de la reprise économique en cours.
Selon une estimation préliminaire du produit géographique brut (PGB) – l’équivalent du PIB pour la ville autonome de Buenos Aires – réalisée par l’Institut de statistique et de recensement (Idecba), l’activité a reculé de 0,3 % entre avril et juin, par rapport au premier trimestre. Cependant, le niveau de production de biens et de services reste supérieur de 5,8 % à celui de la même période en 2023.
Jorge Macri, représentant du gouvernement, a souligné que la tendance générale indique une baisse de 0,1 %. Il a averti que cette légère contraction trimestrielle « pourrait signaler une perte d’élan à long terme, suggérant que la phase d’expansion du cycle économique s’affaiblit ou ralentit, ce qui pourrait conduire à une phase descendante. » Il a toutefois insisté sur la nécessité d’attendre de nouvelles données pour confirmer si cette situation est un simple ajustement temporaire ou le début d’une tendance récessive plus durable.
L’Idecba précise que les données du deuxième trimestre « reflètent un frein à la dynamique à court terme (sans tenir compte des effets saisonniers). »
L’intermédiation financière et le commerce ont été les principaux moteurs de la variation globale, contribuant à hauteur de 3,66 points et représentant plus de la moitié de l’expansion interannuelle de l’activité économique.
Plusieurs secteurs ont affiché des résultats positifs. Le commerce (de gros et de détail, y compris les réparations) a connu une croissance de 11,6 %, portée par les ventes de produits pharmaceutiques, vétérinaires, cosmétiques, parfums, instruments médicaux et dentaires, ainsi que d’articles orthopédiques. L’industrie manufacturière a progressé de 7,8 %, grâce à la production de produits chimiques, de caoutchouc et de plastique. L’intermédiation financière a enregistré une augmentation de 17 % par rapport à l’année précédente, notamment grâce à l’activité des banques et des institutions financières non bancaires. Enfin, le secteur de la construction a augmenté de 9,9 %, principalement grâce à la construction privée.
Cette évolution économique s’inscrit dans un contexte national de ralentissement, l’indice composite d’activité économique (ICA-ARG) préparé par le Centre de recherche sur le cycle économique (CICEC) ayant enregistré trois mois consécutifs de données négatives en mai, juin et juillet, suivis d’une légère augmentation de 0,01 % en août. Sur les dix séries de données analysées, cinq ont montré des variations positives et cinq négatives. La détérioration de l’emploi, des ventes au détail et des recettes fiscales figurent parmi les signaux négatifs, tandis que la production agricole, les importations et les immatriculations de véhicules ont affiché des résultats positifs. Une légère reprise a été observée en août dans la production industrielle et la rémunération brute du secteur privé enregistré, qui a augmenté de 0,2 % après cinq mois de baisse.
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