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Legia est la pire de tout l’Ekstraklasa. Et ça demande un désastre

by Camille Renault

Publié le 23 novembre 2023 06:05:00. Le Legia Varsovie enchaîne les contre-performances en Ekstraklasa, s’enfonçant dangereusement dans la zone basse du classement et suscitant l’inquiétude des supporters. La nomination imminente de Marek Papszun est perçue comme un dernier espoir pour redresser la situation.

  • Le Legia n’a remporté que trois points lors de ses six derniers matchs de championnat.
  • L’équipe est actuellement onzième, mais ne compte que deux points d’avance sur la zone de relégation.
  • Les supporters expriment leur mécontentement face à la performance de l’équipe et à l’absence de solutions.

La crise traverse le Legia Varsovie. L’équipe, censée lutter pour le titre, accumule les résultats décevants depuis début octobre. Seule la lanterne rouge, Korona Kielce, affiche un bilan plus faible, mais a joué moins de rencontres et a au moins progressé en Coupe de Pologne, contrairement au Legia, éliminé de la compétition.

Le dernier match, un match nul 2-2 à domicile contre Lechia Gdańsk, a mis en lumière les difficultés persistantes de l’équipe. Lechia, avant-dernière du classement avant cette rencontre, s’est montrée plus dangereuse, créant davantage d’occasions et affichant de meilleures statistiques, à l’exception de la possession de balle (54% contre 46%). Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 tirs (dont 5 cadrés) pour Lechia, contre 13 tirs (dont 3 cadrés) pour le Legia, et un ratio de buts attendus (xG) de 1,54 contre 0,75.

Malgré un classement encore relativement confortable en onzième position, le Legia ne dispose que de deux points d’avance sur la zone de relégation. La dynamique actuelle inquiète, car l’équipe semble moins performante qu’auparavant, s’appuyant désormais sur la chance plutôt que sur la domination sur le terrain.

Le Legia doit rapidement trouver un nouvel entraîneur

Lechia Gdańsk, longtemps considérée comme un club mal géré, a démontré une supériorité évidente sur le Legia, notamment grâce à la présence d’un entraîneur compétent et d’un attaquant efficace. Même si Tomas Bobcek a manqué de précision face au but, il a délivré deux passes décisives.

L’arrivée de Marek Papszun, ou d’un autre entraîneur expérimenté, est perçue comme une nécessité urgente. Attendre la fin du tour pourrait s’avérer désastreux, obligeant le nouvel entraîneur à lutter pour le maintien, comme Aleksandar Vuković il y a quatre ans.

La situation actuelle n’est pas encore aussi critique qu’elle l’a été par le passé, mais elle est d’autant plus préoccupante que l’équipe ne peut plus compter sur la Coupe de Pologne pour se qualifier pour les compétitions européennes. L’espoir repose désormais sur un championnat très serré et l’absence d’un leader incontesté.

Cette crise affecte également Raków Częstochowa, l’actuel club de Papszun, qui a récemment subi une défaite surprise 1-3 contre Piast Gliwice. Une telle contre-performance, après quatre victoires consécutives, suggère un impact négatif de l’annonce du départ de l’entraîneur sur le moral de l’équipe. Il serait donc dans l’intérêt de tous, y compris du football polonais, que le Legia parvienne rapidement à un accord avec Raków, afin de ne pas compromettre les ambitions européennes du pays.

L’entraîneur par intérim, Inaki Astiz, est dévoué au club, mais semble dépassé par la situation. Son prédécesseur, Marek Gołębiewski, avait su faire preuve de plus de leadership dans un rôle similaire il y a quatre ans.

L'entraîneur du Legia Inaki Astiz lors du match contre Lechia
L’entraîneur du Legia Inaki Astiz lors du match contre Lechia (Photo : Leszek Szymański / PAP (photos) – PS.Onet.pl)

Au-delà des résultats, l’attitude d’Astiz lors du match contre Lechia a interpellé. Son langage corporel trahissait un sentiment de dépassement, se tenant derrière la ligne, résigné, comme s’il ne croyait plus à la possibilité d’inverser la tendance. Ses prédécesseurs, Goncalo Feio ou Edward Iordanescu, avaient tenté de remotiver l’équipe, même avec un succès limité.

Astiz, en revanche, semblait abattu, fixant le sol et se contentant de suivre le déroulement du match. Il n’a pas manifesté la colère de Feio, mais son calme n’a pas non plus rassuré les supporters. Au début du match, il était attentif, mais a semblé complètement brisé vers la fin.

Ses changements tardifs, intervenant à la 85e minute (à l’exception de l’entrée de Wojciech Urbański, quinze minutes plus tôt), témoignent d’une approche peu orthodoxe pour relancer une équipe en difficulté.

Un problème d’efficacité en attaque

La titularisation de Patryk Kun, absent des terrains depuis le 3 août, a surpris. Il s’est néanmoins montré plus motivé que ses coéquipiers.

En attaque, Mileta Rajović, de retour dans le onze de départ, n’a pas marqué pour son dixième match consécutif (sept titularisations). Son concurrent, Antonio Colak, n’a quant à lui pas trouvé le chemin des filets depuis le début de la saison.

Les ailiers n’ont pas apporté un soutien significatif, les milieux de terrain ont permis à Lechia de lancer des contre-attaques dangereuses, la défense a commis des erreurs, et le gardien Kacper Tobiasz a dû effectuer plusieurs arrêts cruciaux. Le Legia a été sauvé par l’entrée en jeu de Wojciech Urbański, âgé de 20 ans.

La colère des supporters

Les supporters du Legia expriment leur frustration de plus en plus ouvertement. L’annonce de l’arrivée imminente de Papszun a quelque peu apaisé les tensions, mais ils n’ont pas immédiatement insulté les dirigeants ou les joueurs, comme ils l’avaient fait par le passé.

Au début du match, les supporters ont soutenu l’équipe, applaudissant de manière civilisée. Les supporters de Lechia n’étaient pas autorisés à se déplacer, ce qui a évité des provocations.

Les huées ont commencé après l’ouverture du score de Lechia, et les joueurs ont été accueillis par des cris de désapprobation en regagnant les vestiaires à la mi-temps : « Qu’est-ce que vous faites, vous déshonorez notre Legia ! »

Supporters du Legia lors du match contre Lechia
Supporters du Legia lors du match contre Lechia (Photo : Leszek Szymański / PAP (photos) – PS.Onet.pl)

L’égalisation du Legia n’a pas apaisé les tensions. Les supporters ont continué à exprimer leur mécontentement : « Legia joue, merde ! »

Après le deuxième but de Lechia, les huées ont repris : « Qu’est-ce que vous faites, vous déshonorez notre Legia ! », « Sortez du terrain, ne vous moquez pas de nous ! » Dans les dernières minutes, les supporters ont cessé de soutenir l’équipe, se contentant d’insulter les joueurs. « Il ne suffit pas d’essayer aujourd’hui, à Legia il faut se battre ! » ou « Et si vous ne le faites pas, partez ! »

L’égalisation n’a rien changé. Pour les supporters, c’est un échec. Des sifflets ont retenti à la fin du match. Les joueurs, au lieu de remercier les supporters, se sont directement dirigés vers les vestiaires.

La trêve internationale pourrait offrir un répit, mais elle n’a pas suffi à redresser la situation. Tous les espoirs du Legia reposent désormais sur l’arrivée de Papszun.

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