Publié le 1er décembre 2025 à 03h41. Face à une vague croissante d’indignation face à la corruption aux Philippines, l’archevêque de Cagayan de Oro appelle l’Église à montrer l’exemple en matière de transparence financière et à mener la lutte pour la responsabilité.
- L’archevêque José Cabantan estime que la corruption est un problème à la fois politique, moral et spirituel.
- Un rassemblement organisé par l’Église à Cagayan de Oro a été avancé pour éviter un contre-rassemblement pro-Duterte.
- L’évêque de Iligan City met en garde contre un risque de rupture sociale en raison des scandales de corruption.
L’archevêque de Cagayan de Oro, José Cabantan, a exhorté l’Église catholique à prendre les devants dans la lutte contre la corruption, en commençant par une gestion transparente de ses propres finances. Cette prise de position intervient alors que les Philippines sont secouées par des révélations de malversations au sein du gouvernement.
Selon Mgr Cabantan, la transparence financière de l’Église doit s’accompagner d’une discussion ouverte avec les dirigeants laïcs et les organisations ecclésiastiques.
« La corruption n’est pas seulement une question politique. C’est aussi une question morale et spirituelle et l’Église devrait montrer l’exemple. »
José Cabantan, archevêque de Cagayan de Oro
Le samedi 29 novembre, l’archevêque a mené environ 400 paroissiens dans une marche à Cagayan de Oro, en préparation d’une manifestation plus importante prévue le dimanche. Cette marche, baptisée Marche d’un billion de pesos contre la corruption, vise à dénoncer l’ampleur des fonds publics détournés.
L’organisation de ce rassemblement a été avancée afin d’éviter de coïncider avec un meeting de soutien à l’ancien président Rodrigo Duterte, qui avait obtenu l’autorisation d’organiser son propre événement dans un amphithéâtre municipal voisin.
Mgr Cabantan a souligné que les sommes considérables perdues à cause de la corruption privent les populations les plus vulnérables de ressources essentielles.
« La justice exige plus que la punition. Elle a besoin d’une restitution en restituant les richesses volées. »
José Cabantan, archevêque de Cagayan de Oro
L’archevêque a salué le geste d’Henri Alcantara, un ingénieur du 1er district de Bulacan, qui a restitué 110 millions de pesos (environ 1,7 million d’euros) sur les 300 millions de pesos (environ 4,7 millions d’euros) de pots-de-vin perçus pour des projets de lutte contre les inondations. Il espère que cet acte encouragera d’autres personnes impliquées dans des affaires de corruption à faire de même.
L’archevêque a précisé que l’Église ne soutenait pas les appels à renverser le président Ferdinand Marcos Jr. et à le remplacer par le vice-président.
Dans la ville d’Iligan, l’évêque José Ramírez Rapadas III a exprimé son inquiétude face à la situation du pays, qu’il juge proche d’un point de rupture en raison des scandales de corruption.
« Nous ne devons pas faire preuve de complaisance à ce sujet afin de contribuer à arranger les choses. »
José Ramírez Rapadas III, évêque d’Iligan City
Rappler.com