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L’Égypte accepte d’apporter un soutien militaire à l’Arabie saoudite face aux attaques des rebelles houthis au Yémen

Le Conseil de défense national égyptien a accepté d’apporter un soutien à l’Arabie saoudite face aux attaques des rebelles houthis au Yémen.

L'Égypte accepte d'apporter un soutien militaire à l'Arabie saoudite face aux attaques des rebelles houthis au Yémen

Le Conseil de défense national égyptien a accepté d’apporter un soutien à l’Arabie saoudite face aux attaques des rebelles houthis au Yémen. Alors que le Parlement égyptien examine l’autorisation formelle d’un déploiement défensif, cette décision marque une évolution importante pour la sécurité de la mer Rouge et la stabilité régionale.

Le Conseil de défense nationale égyptien acte l’aide à Riyad

L’Égypte s’apprête à franchir un pas diplomatique et militaire significatif. Le Conseil de défense national égyptien, réuni au palais d’Al Ittihadiya au Caire sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sisi, a officiellement convenu d’accorder toutes les formes de soutien possibles à l’Arabie saoudite, selon un communiqué de la présidence.

Cette décision intervient alors que le royaume saoudien subit une intensification des attaques de drones et de missiles menées par les rebelles houthis du Yémen. Le président al-Sisi a demandé la convocation d’une session parlementaire urgente pour autoriser les forces armées égyptiennes à intervenir en cas de requête officielle de Riyad, plaçant la sécurité du Golfe au cœur des priorités du Caire. La réunion de cette haute instance s’est déroulée en présence du Premier ministre Mostafa Madbouly, du président du Parlement Hisham Badawy, du ministre de la Défense le lieutenant-général Ashraf Zaher ainsi que des chefs des services de renseignement. L’institution a souligné que la sécurité saoudite était inextricablement liée à celle de l’Égypte ainsi qu’à la sécurité nationale arabe dans son ensemble. Le Conseil était chargé d’examiner l’actualité régionale et a réaffirmé une solidarité totale avec le royaume, promettant de protéger ses ressources, son intégrité territoriale et ses sites saints islamiques, tandis que le porte-parole de la présidence, l’ambassadeur Mohamed El-Shennawy, précisait les contours de cette concertation.

asking Turkey to intervene

Le débat parlementaire et les limites de l’engagement égyptien

La Chambre des représentants égyptienne a entamé ses délibérations en session plénière, les discussions devant se poursuivre pour examiner l’autorisation constitutionnelle requise. En vertu de l’article 152 de la constitution égyptienne, le chef de l’État doit consulter le Conseil de défense et obtenir l’approbation des deux tiers des députés pour toute mission de combat à l’étranger. Les séances parlementaires dédiées à l’examen de cette requête ont été programmées pour s’étendre sur trois jours, les partis pro-gouvernementaux majeurs disposant de la majorité requise au sein de l’hémicycle pour valider le texte. Alors que le vote initialement espéré par certains acteurs a été reporté afin d’approfondir les débats, le président al-Sisi a déclaré qu’il était inconcevable de tolérer une agression ou une atteinte à la stabilité saoudite. Le chef de l’État a spécifié que l’Égypte ne cherchait point à guerroyer contre autrui mais à parer toute menace visant son allié, écartant l’éventualité d’une incursion offensive sur le sol yéménite.

Malgré la perspective d’un vote favorable au sein d’un parlement largement pro-gouvernemental, les analystes militaires soulignent que l’intervention égyptienne restera strictement défensive. Selon des sources citées par Reuters, un déploiement de troupes terrestres au Yémen est exclu. L’aide du Caire se concentrera vraisemblablement sur la défense antiaérienne, le soutien logistique et des opérations navales pour sécuriser les routes maritimes. Le chef de l’État a lui-même clarifié que l’implication de l’armée se limiterait strictement à la préservation des frontières et du territoire saoudiens. Des sources militaires ont en outre indiqué que l’envoi de conseillers ou de batteries de défense aérienne faisait déjà l’objet de préparatifs logistiques en coordination étroite avec Riyad.

L'Égypte accepte d'apporter un soutien militaire à l'Arabie saoudite face aux attaques des rebelles houthis au Yémen
Photo : The Jerusalem Post

Les intérêts économiques et la menace sur le canal de Suez

Au-delà des liens historiques unissant les deux nations, l’économie égyptienne subit de plein fouet les répercussions du conflit. Le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a rappelé que le canal de Suez a perdu environ 11 milliards de dollars de revenus depuis que les Houthis ont intensifié leurs assauts contre le trafic maritime commercial, d’après les informations recueillies par Dawn. Cette situation met directement en péril les flux énergétiques et le transport maritime traversant le détroit de Bab el-Mandeb, un passage vital pour les deux pays riverains.

Les transferts de fonds des travailleurs égyptiens expatriés dans les pays du Golfe et l’aide financière historique de Riyad — qui détient notamment un dépôt de 5,3 milliards de dollars à la Banque centrale d’Égypte arrivant à échéance ce mois-ci, assorti de 267 millions de dollars d’intérêts — pèsent lourdement dans la balance stratégique du Caire. Les autorités égyptiennes n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler le soutien indéfectible apporté par les monarchies pétrolières au lendemain des bouleversements politiques de 2013.

Les avertissements de Sanaa et les réactions régionales

Du côté yéménite, la réaction des Houthis ne s’est pas fait attendre. Mohammed al-Bukhaiti, membre du bureau politique houthi, a mis en garde l’Égypte en évoquant le souvenir de son intervention militaire au Yémen entre 1962 et 1968, selon des propos rapportés. Parallèlement, le président du parlement yéménite contrôlé par les rebelles, Yahya Al Raei, a adressé un courrier officiel au président de l’assemblée égyptienne pour exprimer l’opposition de son camp à toute implication militaire du Caire.

Nous n’attendons pas de l’Égypte qu’elle s’implique dans une agression contre le Yémen. L’Égypte est plus grande que cela.

Mohammed al-Bukhaiti, membre du bureau politique houthi, via Ynetnews

Parallèlement, les efforts diplomatiques se poursuivent en arrière-plan.

Iran crisis egypt saudi
Photo : Al Jazeera

Dans le même temps, d’autres acteurs internationaux multiplient les tractations diplomatiques, à l’instar de l’institution religieuse d’Al-Azhar, qui a émis un appel pressant en faveur de la mise en place d’un comité de médiation d’urgence destiné à apaiser les tensions à l’échelle du Proche-Orient. Les observateurs relèvent par ailleurs que le Conseil de sécurité des Nations unies a qualifié d’escalade dangereuse les tirs répétés visant le sol saoudien, tout en réitérant le droit légitime du royaume à pourvoir à sa propre défense.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.