La fermeture des Galeries Lafayette de Marseille, annoncée pour fin novembre 2025, marque un tournant douloureux pour le commerce en centre-ville et plonge 145 salariés dans l’incertitude. Après plus d’un siècle de présence dans la cité phocéenne, l’enseigne cède à des difficultés économiques persistantes, symbolisant une crise plus large qui touche les commerces urbains.
La direction a programmé une liquidation massive dès le 15 octobre 2025, précédant la fermeture définitive des magasins situés au Centre Bourse et au Prado Shopping. Cette décision radicale fait suite à dix années de pertes financières, atteignant près de 10 millions d’euros par an, rendant tout redressement judiciaire impossible, selon le groupe.
Au-delà des chiffres, c’est l’inquiétude qui domine chez les 145 collaborateurs. « On oscille entre la colère face à cette brutalité et l’angoisse pour notre avenir et celui de nos familles », témoigne un employé, préférant l’anonymat. La perspective d’une reconversion s’annonce difficile pour beaucoup, attachés à cette institution marseillaise.
Les conséquences de cette fermeture dépassent largement le cadre des Galeries Lafayette. Près d’une centaine d’emplois indirects – sécurité, nettoyage, animation commerciale – sont également menacés. L’impact se répercutera sur les commerces de proximité, les restaurants et les fournisseurs, qui craignent une baisse de leur chiffre d’affaires.
Les négociations sociales, entamées le 24 janvier, visent à accompagner au mieux les salariés, avec des propositions de soutien psychologique et de mobilité régionale ou sectorielle. Cependant, l’incertitude demeure quant à la capacité de chacun à retrouver rapidement un emploi dans un contexte économique déjà fragilisé.
L’histoire des Galeries Lafayette à Marseille remonte à 1901. Malgré un investissement de 30 millions d’euros sur la dernière décennie, l’enseigne n’a pas réussi à inverser la tendance à la baisse de fréquentation. Cette situation s’inscrit dans un mouvement plus général de recomposition de l’offre commerciale, déjà observé dans d’autres grandes villes françaises.
Cette fermeture contribue à une « désertification commerciale » du centre-ville, affaiblissant son attractivité pour les habitants et les touristes. Elle souligne les défis auxquels sont confrontés les commerces urbains, face à l’évolution des habitudes de consommation et à la concurrence du commerce en ligne.
Sur le même sujet
