Publié le 24 février 2024 à 14h30. Des négociations discrètes se déroulent à Miami entre des émissaires américains et russes, dans l’espoir de trouver une issue au conflit en Ukraine, malgré les tensions persistantes et les divergences profondes.
- Des discussions « constructives » sont en cours à Miami entre l’envoyé du Kremlin, Kirill Dmitriev, et des représentants américains, dont Steve Witkoff et Jared Kushner.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé que Washington a proposé un nouveau format de négociations incluant l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, avec d’éventuelles concessions territoriales en échange de garanties de sécurité.
- La situation sur le terrain reste tendue, avec des bombardements russes sur Odessa et des revendications de prises de villes dans l’est de l’Ukraine.
L’envoyé spécial du Kremlin, Kirill Dmitriev, a déclaré ce samedi que les pourparlers avec les représentants américains se déroulaient de manière « constructive ». Ces rencontres, qui ont débuté il y a quelques heures et devraient se poursuivre jusqu’à dimanche, se concentrent sur une possible désescalade du conflit en Ukraine.
Selon Dmitriev, ces contacts, organisés en marge d’autres initiatives diplomatiques, sont d’autant plus importants qu’ils se poursuivent malgré les efforts de certains « bellicistes » pour saboter tout plan de paix. Il a souligné l’importance de ces discussions, qui s’inscrivent dans la stratégie globale promue par l’administration américaine depuis janvier.
Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que les États-Unis avaient proposé un nouveau format de négociations impliquant l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, avec la possibilité d’une participation de pays européens. Zelensky attend désormais le rapport de son équipe après leur rencontre avec les représentants américains.
Le président Zelensky a également insisté sur la nécessité d’une pression accrue sur la Russie pour mettre fin au conflit.
« Poutine ne ressent pas encore le genre de pression qui devrait exister »,
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
a-t-il déclaré, appelant à une augmentation des livraisons d’armes à l’Ukraine et à l’imposition de sanctions plus sévères à l’économie russe.
Selon Zelensky, la proposition américaine envisage d’éventuelles concessions territoriales de la part de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales, bien que les détails de ce projet restent confidentiels. Il a affirmé que seuls les États-Unis disposent de la capacité réelle de contraindre la Russie à mettre fin à la guerre.
« Je crois que cette force existe aux États-Unis et chez le président Trump. Et je crois que nous ne devrions pas chercher d’alternatives aux États-Unis »,
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
a-t-il ajouté.
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déclaré lors de sa conférence annuelle que la responsabilité de mettre fin au conflit incombe désormais à Kiev et à ses alliés européens.
« La balle est entièrement dans le camp de nos rivaux occidentaux, à commencer par le chef du régime de Kiev et ses soutiens européens »,
Vladimir Poutine, président russe
a-t-il affirmé.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a cependant souligné que Washington ne cherchait pas à imposer une solution, insistant sur le fait que les deux parties devaient être disposées à négocier.
« Nous ne pouvons pas forcer l’Ukraine à parvenir à un accord. Nous ne pouvons pas forcer la Russie à parvenir à un accord. Ils doivent vouloir parvenir à un accord »,
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
a-t-il précisé.
Sur le terrain, la situation continue de se détériorer. Au moins huit personnes ont été tuées à Odessa après un bombardement russe sur un port de la mer Noire vendredi soir. L’Ukraine a quant à elle revendiqué la destruction de deux avions de combat russes sur un aérodrome en Crimée.
Moscou a également fait état de la prise de deux villes dans les régions de Soummi et de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, confirmant ainsi la progression continue des forces russes qui contrôlent désormais environ 19 % du territoire ukrainien après près de quatre ans de conflit.
(Avec informations de l’EFE)