Publié le 7 février 2024 à 16h30. La Radio et Télévision Suisse (RTS) pourrait bientôt connaître un changement de cap avec la nomination potentielle de la journaliste Anita Richner à sa direction, une décision perçue comme une volonté de se distancer d’une image de partialité politique.
- Anita Richner, journaliste de longue date à la RTS, est pressentie pour succéder à Nathalie Wappler à la tête de l’entreprise.
- Sa nomination pourrait signaler une volonté de la RTS de répondre aux accusations de partialité politique, notamment d’être perçue comme trop orientée à gauche.
- Des changements politiques au sein de la SSR, avec l’arrivée de figures de la droite au conseil d’administration, accompagnent cette évolution.
La Radio et Télévision Suisse (RTS) se prépare à un renouvellement de sa direction. Selon des informations révélées par «La Suisse au week-end», Anita Richner, figure reconnue de la RTS, est considérée comme une candidate sérieuse pour prendre les rênes de l’entreprise. Cette éventuelle nomination intervient dans un contexte de débat sur l’indépendance et l’équilibre des reportages de la RTS.
En interne, cette désignation serait interprétée comme un signal fort de la volonté de la RTS de répondre aux critiques récurrentes l’accusant de partialité politique. Des observateurs estiment qu’elle pourrait permettre à l’entreprise de se distancer de l’image d’un «reportage unilatéral de gauche», comme le soulignait une étude récente de la ZHAW . L’objectif affiché serait de donner plus de place aux différentes voix de la société civile.
Parallèlement à cette possible évolution à la direction de la RTS, le paysage politique au sein de la SSR (Société Suisse de Radiodiffusion et de Télévision) est également en mutation. Albert Rösti, ministre des Médias, a récemment nommé Hans-Ueli Vogt, ancien conseiller national de l’UDC, au conseil d’administration. Dans le canton de Saint-Gall, Monika Knill, conseillère gouvernementale UDC de longue date, a pris la présidence de la SSR régionale.
Anita Richner, âgée de 59 ans, travaille pour la RTS depuis plus de trente ans. Elle a occupé divers postes, tant à la radio qu’à la télévision, et a récemment gravi des échelons de responsabilité. Elle a par ailleurs obtenu un certificat de leadership à l’Université de Saint-Gall. Sur les réseaux sociaux, elle met en avant l’importance de la responsabilité journalistique, du changement et de l’empathie dans le leadership, des thèmes que les observateurs interprètent comme un indice de ses ambitions.
Mariée à Markus Somm
Au sein de la RTS, Anita Richner est décrite comme une chef d’équipe consciencieuse, capable de prendre position même dans les situations délicates. Sur le plan politique, elle n’est pas considérée comme proche des cercles de gauche, mais plutôt comme une personnalité libérale-bourgeoise.
Son lien personnel suscite néanmoins quelques interrogations. Anita Richner est mariée à Markus Somm, rédacteur en chef et éditeur du journal d’opinion de droite «Nebelspalter». Certains employés de la RTS craignent que cette proximité n’influence son jugement ou qu’elle soit perçue comme alignée sur les positions de son mari. Cependant, ses collègues qui ont travaillé avec elle démentent cette assimilation, soulignant qu’elle ne partage pas son style et qu’aucun conflit d’intérêts n’est apparent, «Nebelspalter» n’intervenant pas dans le travail éditorial quotidien de la RTS.
Collaboration de longue date avec Susanne Wille
La composition du comité de nomination fait également l’objet de discussions. La présence d’un conseiller en personnel marié à un conseiller national UDC est critiquée par certains. Bien que ce point soit débattu en interne, il n’est pas considéré comme déterminant.
Susanne Wille, directrice générale de la SSR, siège également dans l’instance de recours. Elle connaît bien Anita Richner, ayant collaboré avec elle pendant de nombreuses années. Les observateurs estiment qu’elle souhaiterait voir à la tête de la RTS une personne qui partage sa vision de la nécessité d’une réforme de l’audiovisuel public.
Contactée par «La Suisse au week-end», Anita Richner n’a pas souhaité commenter cette affaire.
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