Home SantéLes adultes en bonne santé de moins de 75 ans sont invités à prendre l’apport quotidien recommandé en vitamine D

Les adultes en bonne santé de moins de 75 ans sont invités à prendre l’apport quotidien recommandé en vitamine D

by Sophie Martin

Les adultes en bonne santé de moins de 75 ans n’ont généralement pas besoin de prendre des suppléments de vitamine D au-delà des apports recommandés, ni de se faire tester leurs niveaux, selon de nouvelles recommandations publiées par la Société d’endocrinologie. Ces directives précisent toutefois que certains groupes, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes atteintes de prédiabète, pourraient bénéficier d’un apport plus important.

La vitamine D est souvent associée à de nombreuses maladies courantes, mais le débat persiste quant à savoir si une supplémentation peut réellement réduire les risques et quels niveaux sanguins sont optimaux pour la santé. Une équipe d’experts a donc élaboré ces nouvelles recommandations, basées sur une analyse rigoureuse d’essais cliniques, pour guider les pratiques concernant l’utilisation de la vitamine D et le dépistage de sa carence chez les personnes en bonne santé.

« L’objectif de cette directive était de répondre aux besoins en vitamine D pour la prévention des maladies dans une population généralement en bonne santé, sans conditions sous-jacentes qui pourraient affecter l’absorption ou l’action de la vitamine D », explique le Dr Marie Demay, de la Harvard Medical School et du Massachusetts General Hospital à Boston, Massachusetts, et présidente du comité ayant élaboré ces recommandations.

Les principales conclusions de ces directives indiquent qu’il est déconseillé de dépasser les apports alimentaires de référence recommandés par l’Institut de médecine (IOM) pour les adultes de moins de 75 ans. En revanche, une supplémentation plus importante pourrait être envisagée pour :

  • Les enfants et adolescents de moins de 18 ans : pour prévenir le rachitisme nutritionnel et réduire le risque d’infections respiratoires.
  • Les personnes de 75 ans et plus : pour potentiellement diminuer le risque de mortalité.
  • Les femmes enceintes : pour réduire le risque de pré-éclampsie, de mortalité intra-utérine, d’accouchement prématuré, de faible poids à la naissance et de mortalité néonatale.
  • Les personnes atteintes de prédiabète : pour ralentir la progression vers le diabète.

Pour les personnes de 50 ans et plus nécessitant une supplémentation, les experts suggèrent une dose quotidienne faible plutôt qu’une dose plus élevée prise occasionnellement. Ils déconseillent également les tests de routine des niveaux de 25-hydroxyvitamine D, même chez les personnes à la peau foncée ou obèses, car aucun bénéfice clair n’a été démontré à ce jour.

L’équipe souligne que les preuves concernant le rôle de la vitamine D dans la santé restent limitées. De nombreux essais cliniques n’étaient pas conçus pour évaluer tous les résultats observés, et les participants présentaient souvent des niveaux de vitamine D déjà considérés comme adéquats au départ. En conséquence, il n’a pas été possible de définir des seuils sanguins spécifiques pour déterminer une carence ou un niveau cible pour la prévention des maladies.

Ces recommandations, intitulées « Vitamine D pour la prévention des maladies : lignes directrices de pratique clinique de la Société d’endocrinologie », ont été publiées en ligne et feront l’objet d’un article dans le numéro d’août 2024 du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (JCEM).

Outre le Dr Demay, le comité de rédaction comprenait Anastassios Pittas, Daniel Bikle, Dima Diab, Mairead Kiely, Marise Lazaretti-Castro, Paul Lips, Deborah Mitchell, M. Hassan Murad, Shelley Powers, Sudhaker Rao, Robert Scragg, John Tayek, Amy Valent, Judith Walsh et Christopher McCartney.

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