Home SantéLes affirmations exagérées sur le vaccin contre le cancer de la Russie balayent en Afrique à travers l’Afrique

Les affirmations exagérées sur le vaccin contre le cancer de la Russie balayent en Afrique à travers l’Afrique

by Sophie Martin

Publié le 29 septembre 2025 à 11h37. Des publications circulant sur les réseaux sociaux en Afrique présentent un vaccin russe contre le cancer, Enteromix, comme un remède accessible et gratuit, alors que les spécialistes mettent en garde contre des affirmations non étayées par des preuves cliniques fiables.

  • Un vaccin russe contre le cancer, Enteromix, fait l’objet d’allégations infondées de guérison et de disponibilité immédiate sur les réseaux sociaux africains.
  • Les experts en oncologie et en vaccins soulignent l’absence de données cliniques vérifiables pour étayer ces affirmations.
  • L’agence fédérale et biologique russe confirme que le vaccin est encore en attente d’approbation réglementaire et que des essais cliniques sont en cours.

Des publications largement partagées sur Facebook, notamment au Cameroun et en Éthiopie, affirment qu’Enteromix, un vaccin expérimental à base d’ARN messager (ARNm), est un « remède » contre le cancer et qu’il sera disponible gratuitement à partir du 9 septembre 2025. Une publication camerounaise, datée du 8 septembre 2025, a été partagée plus de 1 800 fois et contient l’affirmation suivante : « Enteromix de Russie, un vaccin contre le cancer à base d’ARNm personnalisé, a démontré une efficacité et une sécurité à 100% dans les essais cliniques, offrant une percée potentielle dans le traitement du cancer ». Une publication similaire, partagée plus de 600 fois par une page sud-africaine, répète ces allégations.

Ces affirmations interviennent après l’annonce, le 5 septembre 2025, par Veronika Skvortsova, directrice de l’Agence fédérale et biologique russe, que le vaccin avait réussi des études précliniques et démontré sa sécurité. Elle avait déclaré à l’agence de presse Izvestia que le vaccin était « prêt à l’emploi » et qu’ils attendaient l’approbation pour commencer les essais cliniques. Cependant, des informations contradictoires ont émergé concernant le calendrier exact du développement d’Enteromix. En juin 2025, le ministère russe de la Santé avait annoncé le début des essais cliniques de phase I avec 48 bénévoles.

Les vaccins à ARNm, comme ceux utilisés avec succès contre la COVID-19 par Pfizer-BioNTech et Moderna, fonctionnent en fournissant des fragments de matériel génétique qui incitent les cellules du corps à produire une protéine spécifique (RFI). Le système immunitaire réagit ensuite en générant des anticorps, préparant ainsi le corps à se défendre contre un virus ou, dans le cas d’Enteromix, contre les cellules cancéreuses. Le Dr Patrick Ott, professeur et directeur clinique à l’Institut Dana-Farber Cancer Institute, explique que le principe est similaire pour les vaccins contre le cancer à base d’ARNm, mais que le développement est beaucoup plus complexe en raison de la diversité des cellules cancéreuses.

« Le développement du vaccin contre le cancer est beaucoup plus complexe que les vaccins Covid-19 en raison de la diversité et de la complexité des cellules cancéreuses. »

Dr Patrick Ott, professeur et directeur clinique, Dana-Farber Cancer Institute

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde, responsable de près de 10 millions de décès en 2020 (OMS). Les types de cancer les plus courants sont le cancer du sein, du poumon, du côlon, du rectum et de la prostate.

Le développement et l’approbation des vaccins suivent un processus rigoureux, comprenant des études précliniques, des essais de phase I (sécurité et dosage), des essais de phase II (signes précoces d’efficacité) et des essais de phase III (confirmation de l’efficacité à grande échelle). Le Dr Lennard Lee, professeur à l’Université d’Oxford et consultant en oncologie médicale, souligne que ce processus est essentiel pour garantir la sécurité et l’efficacité d’un vaccin. Il met en garde contre les délais irréalistes, soulignant qu’une étude impliquant seulement 48 participants est typique d’une phase I et qu’une phase III impliquant des centaines, voire des milliers de patients, est nécessaire pour obtenir des résultats fiables.

« Jusqu’à ce que des preuves cliniques crédibles soient fournies, les allégations d’accès libre et général doivent être traitées avec prudence. »

Dr Lennard Lee, professeur à l’Université d’Oxford

Les affirmations concernant une efficacité à 100% sont également jugées peu crédibles par les experts. Le Dr Ott souligne qu’il n’existe actuellement aucune thérapie contre le cancer qui offre une guérison garantie. Skvortsova a précisé que le vaccin se concentre initialement sur le cancer colorectal et pourrait éventuellement être étendu à d’autres types de cancers, comme le glioblastome et certains mélanomes, ce qui contredit l’idée d’un remède universel.

En ce qui concerne la disponibilité gratuite du vaccin en septembre 2025, il n’existe aucune confirmation réglementaire ou logistique pour étayer cette affirmation. Selon des informations rapportées par le groupe de médias RBC, le coût du traitement pourrait atteindre 300 000 roubles (environ 3 500 $), mais serait pris en charge par l’État. Cependant, le Dr Ott souligne que la logistique complexe liée au stockage et à la distribution des vaccins à ARNm rend une mise à disposition rapide et gratuite peu probable.

Parallèlement, le vaccin candidat ARNm-4157, développé par Moderna et Merck, suit un processus de développement plus traditionnel et transparent, avec des essais cliniques complets et des résultats publiés. Ce vaccin cible le mélanome et a reçu la désignation de « thérapie révolutionnaire » de la Food and Drug Administration (FDA) américaine (Merck).

En conclusion, bien que la recherche sur un vaccin contre le cancer en Russie soit potentiellement prometteuse, les affirmations circulant en ligne concernant Enteromix sont exagérées et ne sont pas étayées par des preuves scientifiques solides. Il est crucial de rester vigilant face à de telles informations et de se fier aux sources fiables et aux données cliniques vérifiées.

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