Publié le 13 janvier 2026 à 13h45. La maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative touchant plus de 7 millions de personnes aux États-Unis, fait l’objet de recherches intenses, notamment sur le potentiel neuroprotecteur des médicaments initialement conçus pour le diabète de type 2.
- Plus de 7 millions d’Américains sont actuellement atteints de la maladie d’Alzheimer, et ce nombre devrait augmenter.
- Les traitements actuels visent à ralentir la progression de la maladie et à gérer les symptômes, mais il n’existe pas de remède.
- Des études récentes sur l’utilisation d’agonistes du GLP-1, des médicaments pour le diabète, n’ont pas pour l’instant démontré d’efficacité significative dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer (MA) est une maladie neurodégénérative liée à l’âge qui affecte la cognition, la communication et le comportement. Aux stades avancés, elle entraîne des difficultés à marcher, à parler et à avaler. On estime qu’environ 1 patient sur 9 âgé de 65 ans et plus souffre de cette maladie, qui touche plus fréquemment les femmes.
Les mécanismes sous-jacents à la MA sont complexes. Les chercheurs pensent qu’une accumulation de plaques bêta-amyloïdes et d’enchevêtrements neurofibrillaires de protéine tau est un facteur clé, entraînant une inflammation du cerveau, un dysfonctionnement des synapses, la mort des neurones et une atrophie cérébrale. D’autres facteurs, tels qu’une insuffisance cholinergique, un dysfonctionnement mitochondrial, l’excitotoxicité et un défaut de l’autophagie, contribuent également à la progression de la maladie.
À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer. La prise en charge repose sur des stratégies visant à ralentir la progression de la maladie et à soulager les symptômes, notamment les troubles de l’humeur, à l’aide d’antidépresseurs et d’antipsychotiques. Une surveillance attentive de la posologie, des indications et des effets secondaires des médicaments est essentielle, en particulier chez les patients âgés.
Plusieurs classes de médicaments sont actuellement approuvées pour traiter la MA :
- Les inhibiteurs de la cholinestérase (donépézil, rivastigmine et galantamine) agissent en empêchant la dégradation de l’acétylcholine, un neurotransmetteur, pour compenser le déficit cholinergique associé à la maladie. Le donépézil est indiqué à tous les stades de la MA, tandis que la rivastigmine et la galantamine sont réservées aux stades légers et modérés.
- La mémantine, souvent utilisée en association avec le donépézil aux stades modérés à sévères, est un antagoniste du récepteur NMDA du glutamate. Elle aide à réduire la perte neuronale et les symptômes de la maladie en favorisant la restauration des neurones endommagés. Des études ont montré que la combinaison de mémantine et de donépézil peut ralentir la progression de la maladie avec des effets secondaires acceptables.
- Les médicaments anti-amyloïdes (lécanemab et donanemab), récemment approuvés pour le trouble cognitif léger ou la démence légère, sont administrés par perfusion intraveineuse. L’éligibilité à ces traitements est soumise à des critères spécifiques, notamment des tests de diagnostic pour détecter la présence d’amyloïde et une surveillance régulière par IRM pour détecter d’éventuelles hémorragies cérébrales (ARIA). Le lécanemab est administré toutes les deux semaines, tandis que le donanemab est administré mensuellement. Ces médicaments doivent être administrés dans des cliniques spécialisées.
Récemment, l’attention s’est portée sur le potentiel neuroprotecteur des agonistes du glucagon-like peptide 1 (GLP-1), des médicaments initialement développés pour traiter le diabète de type 2 et favoriser la perte de poids. Ces médicaments agissent en stimulant les récepteurs hypothalamiques du GLP-1 et en ralentissant la vidange gastrique, ce qui favorise la satiété. Ils améliorent également la libération d’insuline et inhibent la production de glucagon, contribuant ainsi à la gestion de la résistance à l’insuline dans le diabète de type 2. Des études ont suggéré que ces médicaments pourraient également réduire les événements cardiovasculaires et rénaux. Plus d’informations sur les essais cliniques récents.
Compte tenu du lien entre le diabète de type 2, l’obésité et le risque de maladie d’Alzheimer, des recherches ont été menées pour évaluer le rôle neuroprotecteur des agonistes du GLP-1. Des études sur des modèles animaux ont suggéré que ces médicaments pourraient réduire l’inflammation et le stress oxydatif dans le cerveau, en diminuant les marqueurs inflammatoires et en augmentant les défenses antioxydantes.
Cependant, les résultats récents d’un essai clinique de phase 3, mené sur 4 000 patients atteints de MA précoce et ayant reçu du sémaglutide oral quotidien pendant environ 2 ans, n’ont pas confirmé l’efficacité des agonistes du GLP-1 comme option thérapeutique pour la MA. Il est possible que le sémaglutide n’ait pas pu pénétrer suffisamment dans le cerveau pour exercer un effet neuroprotecteur significatif. De plus, il n’était pas clair dans quelle mesure les patients avaient progressé dans le processus neurodégénératif au moment du début du traitement par sémaglutide oral. Consulter l’article complet sur les résultats de l’essai.
De futures études évalueront l’efficacité de nouveaux agonistes doubles et triples du GLP-1, ou d’agonistes oraux à petites molécules, qui pourraient avoir une meilleure pénétration cérébrale. D’autres approches, telles que l’utilisation de voies d’administration alternatives (intranasale) ou de nanoparticules médicamenteuses, pourraient également être explorées. Il sera également important d’identifier les patients qui pourraient bénéficier le plus de la neuroprotection offerte par ces médicaments et d’évaluer l’intérêt de combiner les incrétines avec d’autres traitements pour améliorer l’efficacité tout en minimisant les interactions médicamenteuses et les effets indésirables.
RÉFÉRENCES
1. Alzheimer’s Association. Facts and Figures 2025. Consulté le 12 janvier 2026. https://www.alz.org/alzheimers-dementia/facts-figures#:~:text=Alzheimer’s%20in%20each%20state,living%20with%20Alzheimer’s%20in%202025
2. Hampel H, Hardy J, Blennow K et al. The amyloid-β pathway in Alzheimer’s disease. Mol Psychiatry. 2021;26(10):5481‑5503. doi:10.1038/s41380-021-01249-0.
3. Li Z, Guo Q, Zhang Y et al. Physiological roles of tau and Aβ: implications for Alzheimer’s disease. Acta Neuropathol. 2020;139(4):683‑711. doi:10.1007/s00401-020-02196-w
4. Wang W, Zhao F, Ma X, Perry G, Zhu X. Mitochondrial dysfunction in the pathogenesis of Alzheimer’s disease: recent advances. Mol Neurodegener. 2020;15(1):30. doi:10.1186/s13024-020-00376-6
5. Calvo-Rodríguez M, Hou SS, Snyder AC et al. Increased mitochondrial calcium levels associated with neuronal death in a mouse model of Alzheimer’s disease. Nat Commun. 2020;11(1):2146. doi:10.1038/s41467-020-16074-2
6. Yuan M, Wang Y, Huang Z et al. Impaired autophagy in amyloid-β pathology: a conventional review of recent research on Alzheimer’s disease. J Biomed Res. 2022;37(1):30-46. doi:10.7555/JBR.36.20220145
7. Lipton SA. The molecular basis of memantine’s action in Alzheimer’s disease and other neurological disorders: low-affinity, noncompetitive antagonism of the NMDA receptor. Curr Alzheimer Res. 2005;2(2):155-165. doi:10.2174/1567205053585846
8. Briggs R, Kennelly SP, O’Neill D. Pharmacological treatments for Alzheimer’s disease. Clin Med (Lond). 2016;16(3):247-253. doi:10.7861/clinmedicine.16-3-247
9. Atri A, Molinuevo JL, Lemming O, Wirth Y, Pulte I, Wilkinson D. Memantine in patients with Alzheimer’s disease receiving donepezil: novel efficacy and safety analyses for combination therapy. Alzheimer Res Ther. 2013;5(1):6. Published January 21, 2013. doi:10.1186/alzrt160
10. Ramanan VK, Armstrong MJ, Choudhury P et al. Anti-amyloid monoclonal antibody therapy for Alzheimer’s disease: emerging issues in neurology. Neurology. 2023;101(19):842-852. doi:10.1212/WNL.0000000000207757
11. Yan H, Karthikeyan H, Fan W, Yang Q, Wong ND. US eligibility and avoidable cardiovascular, diabetes, and kidney outcomes of semaglutide in the SELECT trial. JACC Adv. 2025;4(6 Pt 2):101773. doi:10.1016/j.jacadv.2025.101773.
12. Du H, Meng X, Yao Y, Xu J. The mechanism and efficacy of GLP-1 receptor agonists in the treatment of Alzheimer’s disease. Front Endocrinol (Lausanne). 2022;13:1033479. Published November 17, 2022. doi:10.3389/fendo.2022.1033479.
13. Rosen M. (December 8, 2025) GLP-1 drugs failed to slow Alzheimer’s in two large clinical trials. Science News. Consulté le 12 janvier 2026. https://www.sciencenews.org/article/glp-1-drugs-failed-slow-alzheimers
14. Mohammed O, Kelemu T. Incretin-based therapies in Alzheimer’s and Parkinson’s disease: advancing neuroprotection with dual and triple agonists-A Review. Health Sci Rep. 2025;8(7):e71065. Published July 15, 2025. doi:10.1002/hsr2.71065.
15. Zhou ZD, Yi L, Popławska-Domazewicz K, Chaudhury KR, Jankovic J, Tan EK. Glucagon-like peptide-1 receptors in neurodegenerative diseases: promises and challenges. Pharmacol Res. 2025;216:107770. DOI: 10.1016/J.PH.2025.107770.
À lire aussi
