Publié le 22 décembre 2025 10h42. Une pétition signée par 170 artistes et personnalités culturelles belges dénonce la participation d’Israël à l’Eurovision 2026, en raison de la guerre à Gaza, et critique la position de la RTBF, jugée incohérente avec les sanctions prises envers la Russie en 2022.
- 170 professionnels de la culture belges demandent à la RTBF de se retirer du concours Eurovision 2026 si Israël y participe.
- Les signataires dénoncent un « art-washing » de la part du gouvernement israélien et un manque de cohérence de l’Union européenne de radiodiffusion (UER).
- Des anciens gagnants de l’Eurovision ont exprimé leur soutien au boycott, certains envisageant de rendre leurs trophées.
Une vague de protestation s’élève en Belgique contre la possible participation d’Israël au Concours Eurovision de la chanson 2026. Un collectif de 170 artistes et personnalités culturelles a publiquement condamné la décision de la Radio-Télévision Belge Francophone (RTBF) de maintenir sa participation, malgré le conflit en cours à Gaza. Les signataires craignent que le concours ne devienne une plateforme de normalisation des violations du droit international.
La RTBF se distingue par cette position, contrairement à plusieurs chaînes nationales européennes – notamment en Espagne, en Irlande, en Islande, aux Pays-Bas et en Slovénie – qui ont déjà choisi de ne pas participer à l’édition 2026. La pétition, dont les détails sont rapportés par Le Libre, souligne que la participation à l’Eurovision, dans ces conditions, constitue une « grave violation de l’éthique et des obligations morales des radiodiffuseurs publics ».
Les signataires pointent du doigt un flagrant deux poids, deux mesures. Ils rappellent que l’UER avait rapidement exclu la Russie du concours en 2022, suite à l’invasion de l’Ukraine, une décision qui contraste fortement avec l’approche actuelle concernant Israël.
Au-delà de la question de la participation, les signataires accusent Israël d’instrumentaliser les événements culturels à des fins de propagande, une pratique qu’ils qualifient d’« art-washing ». Ils affirment que :
« Depuis des années, le gouvernement israélien utilise les grands événements artistiques et culturels comme propagande pour détourner l’attention de son occupation, de sa colonisation et de son régime d’apartheid contre le peuple palestinien. »
Pétition des artistes et personnalités culturelles belges
Selon eux, la participation à l’Eurovision permet à Israël de maintenir une image fausse de modernité et de démocratie, masquant ainsi ses actions. La lettre appelle la RTBF à « remplir sa mission de service public » et à renoncer à participer au Concours Eurovision de la chanson 2026.
Martin Green, responsable de l’Eurovision, a tenté de répondre aux critiques en affirmant que, « dans un monde chaotique, nous pouvons vraiment être Unis par la musique ». Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à apaiser les critiques, qui dénoncent l’hypocrisie de l’UER. L’organisation, qui se présente comme neutre politiquement, a pourtant agi avec fermeté envers la Russie en 2022.
Le mouvement de protestation gagne du terrain : Nemo, le vainqueur de l’Eurovision 2024, a annoncé son intention de rendre son trophée, un geste suivi par Charlie McGettigan, vainqueur du concours en 1994.
Concernant les manifestations potentielles, l’ORF, la chaîne autrichienne qui accueillera le prochain concours, a indiqué qu’elle n’interdirait pas les drapeaux palestiniens ni les chants dénonçant la participation d’Israël. Michael Kroen, le directeur exécutif du concours, a déclaré :
« Nous autoriserons tous les drapeaux officiels qui existent dans le monde à condition qu’ils respectent la loi et certains paramètres – taille, risques pour la sécurité, etc. Nous n’embellirons rien et n’éviterons pas de montrer comment les choses sont, car notre travail est de montrer les choses telles qu’elles sont. »
Michael Kroen, directeur exécutif du Concours Eurovision de la chanson
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