Publié le 28 octobre 2025 01:30:00. Après une période de stagnation, le financement aux particuliers au Pérou pourrait ralentir à nouveau dans les prochains mois, les banques se montrant plus réticentes à accorder des crédits et des cartes de consommation, en particulier dans un contexte politique incertain.
- Les banques péruviennes prévoient de durcir les conditions d’accès au crédit et aux cartes à la consommation au quatrième trimestre.
- Cette prudence est liée à l’instabilité politique à l’approche des élections et aux attentes d’une croissance économique plus faible.
- Les banques pourraient concentrer leurs efforts sur les clients les plus aisés et renforcer le contrôle sur l’augmentation des lignes de crédit.
Après une reprise timide, le crédit aux particuliers au Pérou pourrait connaître un nouveau ralentissement. Une enquête récente de la Banque centrale de réserve du Pérou (BCRP) révèle que les institutions financières envisagent de resserrer les conditions d’octroi de crédits et de cartes à la consommation dans les prochains mois, coïncidant avec une période traditionnellement marquée par une forte demande de la part des ménages.
Jusqu’en septembre, le financement aux particuliers avait connu une légère augmentation, avec une hausse de 6,8 % pour les crédits et de 5,6 % pour les cartes à la consommation. Cependant, cette tendance pourrait s’inverser rapidement.
« Normalement, à cette période de l’année, les institutions financières sont agressives dans l’offre de prêts, ce qui exerce une pression à la baisse sur les taux d’intérêt des crédits à la consommation, mais cette fois-ci, ce serait différent. »
Víctor Blas, directeur stratégique et financier de Financiera Confianza
Les institutions financières anticipaient déjà un tournant dans la dynamique du crédit pour la fin de l’année, et ont donc rationalisé leurs opérations au premier semestre pour assurer de bons résultats. Mais le contexte actuel rend cette situation plus complexe.
L’un des principaux facteurs expliquant cette prudence accrue est le risque politique lié à l’approche des élections. Ce climat d’incertitude pourrait entraîner un ajustement des conditions d’octroi des crédits et des cartes à la consommation, selon les experts.
De plus, les perspectives de croissance économique plus modérées pour 2026 contribuent à cette attitude prudente. Jorge Chávez, président de Maximixe, souligne que la fin de la manne liée aux exportations d’or et de cuivre pourrait freiner l’investissement privé.
Un autre élément à prendre en compte est l’impact des retraits massifs de fonds de pension (AFP) sur les habitudes de consommation. Ces retraits ont créé une attente de ressources supplémentaires chez la population, qui a tendance à utiliser les cartes de crédit pour maintenir un niveau de dépenses élevé, un modèle jugé non durable par les analystes.
Les banques pourraient donc concentrer leurs efforts sur les clients les plus solvables, en ciblant les « clients aisés – un cran en dessous des clients premium », comme le précise Víctor Blas.
Par ailleurs, les institutions financières pourraient renforcer le contrôle sur l’augmentation des lignes de crédit et ne pas proposer de conditions plus favorables, comme des taux d’intérêt plus bas ou des délais de remboursement plus longs. Les campagnes agressives de rachat de dettes, habituellement lancées avant les fêtes, pourraient donc être moins fréquentes cette année.
Enfin, il est important de noter que, bien que le taux de défaut tende à se stabiliser, il reste élevé pour certains segments de la population, notamment les consommateurs des strates C et D. La délinquance dans les microentreprises dépasse même les 9 %, ce qui incite les banques à rester vigilantes.