Home SantéLes « bonnes » bactéries présentes dans l’intestin peuvent stimuler la fonction du placenta et favoriser une grossesse saine.

Les « bonnes » bactéries présentes dans l’intestin peuvent stimuler la fonction du placenta et favoriser une grossesse saine.

by Sophie Martin

Publié le 2025-02-26 10:15:00. Une étude de l’Université de Cambridge révèle un lien insoupçonné entre la composition du microbiote intestinal de la mère et le bon développement du fœtus, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention des complications liées à la grossesse.

  • La présence de la bactérie Bifidobacterium Breve dans l’intestin de la mère est associée à une meilleure régulation hormonale et à un apport nutritionnel optimisé au fœtus.
  • Des expériences sur des souris ont montré que l’absence de cette bactérie augmente le risque de fausse couche, de retard de croissance et d’hypoglycémie chez le fœtus.
  • Les chercheurs envisagent que l’analyse et la modulation du microbiote intestinal par des probiotiques pourraient devenir une approche préventive contre des complications telles que le diabète gestationnel ou la prééclampsie.

Le placenta, organe clé de la grossesse, pourrait être influencé à distance par les bactéries présentes dans l’intestin de la mère. C’est la conclusion d’une recherche menée par des scientifiques de l’Université de Cambridge et publiée mardi dans le Journal de médecine translationnelle. L’étude, réalisée sur des modèles animaux, met en lumière un mécanisme jusqu’alors méconnu de communication entre le microbiote maternel et le développement fœtal.

L’équipe de recherche a comparé des souris gravides dépourvues de bactéries intestinales à celles ayant un microbiote intestinal normal, enrichi en Bifidobacterium Breve. Les résultats ont été frappants : les souris sans cette bactérie ont présenté une incidence significativement plus élevée de fausses couches, ainsi qu’un retard de croissance et une hypoglycémie chez leurs petits. À l’inverse, les souris colonisées par Bifidobacterium Breve ont affiché une meilleure efficacité du placenta dans l’absorption et le transport des nutriments essentiels – notamment les acides aminés et le lactate – de la mère au fœtus.

Les analyses approfondies ont révélé des différences notables, touchant plus de 150 processus biologiques et l’expression de plus de 400 protéines placentaires entre les deux groupes. Le placenta des mères colonisées par Bifidobacterium Breve produisait des niveaux plus élevés d’hormones cruciales pour le maintien de la grossesse, telles que la prolactine et des glycoprotéines spécifiques à la gestation.

Selon le Dr Jorge Lopez Tello, chercheur principal de l’étude, ces découvertes suggèrent que le microbiote intestinal maternel agit comme un véritable « contrôle à distance » sur le placenta, régulant la sécrétion hormonale et, par conséquent, l’évolution de la grossesse.

« Cette étude offre une nouvelle façon d’évaluer la santé de la femme enceinte et du fœtus en analysant le microbiote intestinal maternel. »

Dr Jorge Lopez Tello, chercheur principal

Les chercheurs estiment qu’à l’avenir, l’examen et l’ajustement du microbiote intestinal grâce à des probiotiques pourraient constituer une stratégie prometteuse pour réduire le risque de complications de la grossesse, telles que le diabète gestationnel, la prééclampsie ou l’avortement spontané. Le placenta, organe vital assurant l’apport d’oxygène, de nutriments et d’hormones au fœtus, a longtemps été étudié, mais le rôle du microbiote intestinal dans son fonctionnement a été relativement négligé jusqu’à présent.

Il est important de souligner que ces résultats ont été obtenus sur des modèles animaux et nécessitent donc d’être confirmés par des études menées sur des populations humaines. Bifidobacterium Breve est naturellement présent dans l’intestin humain et est également disponible sous forme de suppléments probiotiques, mais son abondance peut être influencée par divers facteurs, tels que le stress ou l’obésité.

Les auteurs de l’étude soulignent que ces avancées ouvrent la voie à des interventions simples, basées sur des microbes bénéfiques, pour améliorer la santé maternelle et fœtale. L’utilisation de probiotiques pourrait ainsi représenter une alternative sûre et naturelle aux thérapies conventionnelles, en contribuant à équilibrer l’écosystème intestinal maternel et à favoriser un développement harmonieux de la grossesse.

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