Publié le 9 janvier 2024 10h49. Une étude internationale alerte sur une augmentation inquiétante des cas et de la mortalité liés aux cancers de l’utérus et du col de l’utérus chez les jeunes femmes au Japon, une situation qui contraste avec d’autres pays.
- Le Japon affiche une hausse significative de l’incidence et de la mortalité de ces cancers, contrairement à la Chine et à Chypre où l’augmentation des cas n’est pas corrélée à une hausse du taux de décès.
- Le faible taux de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) et le dépistage limité pourraient expliquer cette situation particulière.
- L’étude pointe également du doigt des facteurs de risque liés au mode de vie, notamment l’obésité et l’occidentalisation de l’alimentation.
Une équipe de recherche internationale a analysé les données de 44 pays sur la période 2000-2017 afin d’évaluer les tendances de l’incidence et de la mortalité des cancers à apparition précoce et tardive. Les résultats, publiés récemment, mettent en évidence une situation préoccupante au Japon.
Si l’augmentation des cas de cancer du col de l’utérus chez les femmes âgées de 20 à 49 ans a également été observée en Chine et à Chypre, seule au Japon cette hausse s’accompagne d’une augmentation du taux de mortalité. Le Japon enregistre également la plus forte progression des cas de cancer de l’utérus. Il est important de noter que les données disponibles sont incomplètes pour certaines régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud et centrale, notamment en ce qui concerne les taux de mortalité en Chine, ce qui rend les comparaisons internationales plus difficiles.
Les chercheurs suggèrent que l’augmentation globale des cancers à apparition précoce observée dans de nombreux pays pourrait être liée à une exposition accrue aux facteurs de risque et à leur apparition plus précoce dans la population. Plusieurs de ces cancers sont associés à l’obésité, et une corrélation a été établie entre la prévalence de l’obésité chez les jeunes femmes et la hausse du cancer de l’utérus dans 16 pays, dont le Japon, les États-Unis et le Danemark.
Outre les facteurs liés au mode de vie, l’environnement et le microbiote intestinal sont également considérés comme des éléments potentiels. L’occidentalisation de l’alimentation, associée à une augmentation de l’obésité et du diabète de type 2 chez les jeunes, est également pointée du doigt. Comme le soulignent les experts :
« Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour élucider le mécanisme possible à l’origine de l’augmentation mondiale des cancers précoces. »
Au Japon, le faible taux de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), principal responsable du cancer du col de l’utérus, est un facteur d’inquiétude majeur. En 2019, le taux de vaccination au Japon était de seulement 0,3 %, le plaçant en troisième et dernière position parmi les 99 pays pour lesquels des données sont disponibles. Jusqu’en 2019, le gouvernement japonais n’avait pas activement promu la vaccination par le biais de campagnes d’information, ce qui a contribué à maintenir ces taux extrêmement bas.
Un programme de vaccination gratuite pour les filles de la sixième année de l’école primaire jusqu’à la première année du lycée avait été lancé en 2013, mais a été rapidement mis en pause suite à des signalements de symptômes tels que des douleurs généralisées après la vaccination. Le ministère de la Santé a alors cessé de promouvoir activement la vaccination. La promotion active de la vaccination contre le VPH a été reprise en 2022, et une évaluation récente, deux mois plus tard, a conclu que la fréquence des effets secondaires signalés n’avait pas augmenté par rapport à la période précédant le renouvellement du financement gouvernemental.