Publié le 15 octobre 2025 à 22h36. De fortes pluies ont frappé au moins cinq États du Mexique, provoquant des dégâts considérables et relançant un débat politique sur la gestion des catastrophes naturelles et l’absence d’un fonds dédié.
- Les États de Veracruz, Puebla, Querétaro, Hidalgo et San Luis Potosí sont les plus touchés par les intempéries.
- Au Sénat, une proposition de don de salaire des sénateurs pour aider les victimes a suscité des réactions diverses, notamment de la part des partis politiques.
- La disparition du Fonds pour les catastrophes naturelles (Fonden) est au cœur des critiques, l’opposition dénonçant un manque de ressources et de transparence.
Les récentes pluies diluviennes ont causé des dégâts importants dans plusieurs régions du Mexique, affectant des milliers de personnes. Les États de Veracruz, Puebla, Querétaro, Hidalgo et San Luis Potosí sont les plus touchés, avec des inondations, des glissements de terrain et des destructions de biens. La situation a rapidement dégénéré en débat politique au Sénat, ravivant les tensions autour de la gestion des catastrophes naturelles.
Lors de la séance législative d’hier, la présidence du Sénat a proposé aux sénateurs de reverser l’équivalent de quinze jours de salaire pour soutenir les populations sinistrées. Des partis comme le PAN et le Mouvement citoyen ont accueilli favorablement cette initiative et se sont engagés à contribuer à hauteur de 50 % de leur salaire. À l’inverse, le PRI a annoncé, dans un premier temps, qu’il ne participerait pas à ce don.
Laura Itzel-Castillo, présidente du Sénat, a précisé que les fonds collectés seraient utilisés pour l’achat d’outils et d’équipements, qui seront ensuite remis directement au Secrétaire de la Défense nationale. L’objectif affiché est de garantir une utilisation transparente et rapide des ressources.
Le débat a été exacerbé par l’absence du Fonds pour les catastrophes naturelles (Fonden), un organisme qui disposait de plus de 41 milliards de pesos (environ 2,3 milliards d’euros) et qui avait établi des règles de fonctionnement spécifiques. Le gouvernement fédéral a actuellement déclaré disposer de 19 milliards de pesos (environ 1,1 milliard d’euros) pour faire face aux urgences, soit moins de la moitié des ressources offertes par l’ancien fonds.
Des accusations de corruption ont été échangées au cours de la séance, notamment de la part de la députée du PAN, Lilly Téllez, qui a affirmé que l’administration actuelle distribuait l’aide en fonction de critères partisans. Elle a également critiqué la centralisation de l’aide. Adam Augusto López Hernández, coordinateur de Morena et président du Conseil de coordination politique (Jucopo), a défendu le modèle actuel et a rejeté les accusations d’abandon dans des États comme Hidalgo, où les habitants se plaignent de retards dans la réception de l’aide.
Le banc du PRI a souligné que l’État d’Hidalgo était le plus touché, avec des citoyens de plusieurs municipalités se trouvant en situation d’urgence. Des organisations comme la Garde nationale et la Défense ont déjà déployé des opérations d’assistance, mais des critiques persistent quant à la réponse du gouvernement et à l’insuffisance des fonds disponibles.
Ricardo Anaya (PAN) a qualifié le don de salaire des sénateurs de contribution symbolique, compte tenu de l’ampleur de la catastrophe, tout en réaffirmant son soutien aux victimes.
La sénatrice moréniste Andrea Chávez a annoncé qu’elle doublerait le don de salaire convenu par le Sénat pour soutenir les familles touchées par les pluies au Mexique, en allouant cette contribution supplémentaire aux victimes de Casas Grandes et Nuevo Casas Grandes, dans l’État de Chihuahua.
Elle a souligné que les municipalités de la région nord-ouest subissaient de graves dommages suite au débordement de la rivière Casas Grandes et a appelé les législateurs de Chihuahua à se joindre à cette initiative. Des inquiétudes ont également été exprimées concernant la participation du Cartel de nouvelle génération de Jalisco à la distribution de l’aide, soulevant des questions sur la politisation de l’assistance et le risque de détournement de fonds.