Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une vaste étude suédoise révèle que le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n’augmente pas le risque de complications majeures pendant la grossesse, mais est associé à une fréquence plus élevée de césariennes programmées.
- Le TDAH en lui-même ne semble pas augmenter le risque d’accouchement prématuré.
- D’autres facteurs, tels que la dépression, l’anxiété et le tabagisme, expliquent les complications liées à la grossesse chez les femmes diagnostiquées TDAH.
- Les femmes atteintes de TDAH ont plus souvent recours à une césarienne programmée et ont tendance à avoir des bébés de plus gros poids que prévu.
Des chercheurs de l’Université d’Örebro ont mené une étude approfondie sur les liens entre le TDAH chez les femmes et le déroulement de leur grossesse et de leur accouchement. L’analyse, basée sur les données de près de 1,6 million de grossesses en Suède entre 2006 et 2020, et portant sur 12 000 femmes diagnostiquées TDAH, apporte un éclairage nouveau sur cette question.
« Nous pouvons démontrer que le TDAH en soi n’accroît pas le risque d’accouchement prématuré, ce qui confirme les conclusions d’autres études », explique Anneli Andersson, chercheuse à l’Université d’Örebro, dans un communiqué de presse.
L’étude souligne l’importance de prendre en compte d’autres facteurs de risque. En ajustant les données pour tenir compte d’autres diagnostics psychiatriques et du tabagisme pendant la grossesse, les chercheurs ont constaté que le lien entre le TDAH et l’accouchement prématuré, ainsi que de nombreux autres problèmes liés à la grossesse, disparaissait. La dépression, l’anxiété, le trouble bipolaire et les problèmes de dépendance sont en effet plus fréquents chez les femmes ayant reçu un diagnostic de TDAH.
« Les naissances prématurées et autres complications pendant la grossesse peuvent donc s’expliquer par d’autres troubles psychiatriques et, par exemple, par le tabagisme – et non par le TDAH en lui-même », précise Anneli Andersson.
En revanche, l’étude révèle une augmentation du nombre de césariennes programmées chez les femmes atteintes de TDAH. Elles ont également plus souvent des bébés de poids supérieur à la normale par rapport à leur terme de grossesse. Les chercheurs avancent une explication possible : si le suivi de grossesse révèle que le bébé grandit plus vite que prévu, l’équipe médicale pourrait être plus encline à recommander une césarienne programmée.
« Il est possible que ces deux phénomènes soient partiellement liés : si le suivi de grossesse indique que le bébé a une croissance plus importante que prévue, cela peut influencer la décision de planifier une césarienne », suggère Anneli Andersson.
Cette recherche offre une vision plus nuancée des risques associés au TDAH et à la grossesse que les études précédentes, car elle s’appuie sur des diagnostics cliniques et non uniquement sur des données relatives à l’utilisation de médicaments. « Ce résultat nous amène à nuancer notre perception des risques liés au TDAH et à la grossesse. Cela peut, espérons-le, rassurer les femmes diagnostiquées TDAH », ajoute Anneli Andersson.
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’offrir un soutien supplémentaire aux femmes diagnostiquées TDAH pendant leur grossesse. Une approche globale de leur santé mentale et de leurs comportements à risque pourrait contribuer à des grossesses plus sereines et à de meilleurs résultats, tant pour la mère que pour l’enfant.
Pregnancy Outcomes in Women Diagnosed With Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: A Population-Based Register Study, Acta Psychiatrica Scandinavica.
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