Publié le 6 décembre 2025 à 16h59. Des chercheurs de Göttingen reçoivent plus de 11 millions d’euros pour développer une simulation informatique des synapses, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et à de nouveaux traitements pour les maladies neurodégénératives comme Parkinson et Alzheimer.
- La Fondation allemande pour la recherche (DFG) prolonge de trois ans et demi le financement du Centre de recherche collaboratif (SFB) 1286 à l’Université de médecine de Göttingen (UMG).
- Le projet vise à recréer numériquement les synapses, les points de contact entre les cellules nerveuses, pour étudier leur fonctionnement et les dysfonctionnements liés aux maladies neurologiques.
- Plus de 33 projets individuels, impliquant des chercheurs de diverses disciplines, collaborent au sein du SFB 1286.
Les neurosciences à Göttingen bénéficient d’un nouveau coup de pouce financier de plus de 11 millions d’euros. Cette somme permettra aux chercheurs de poursuivre leurs travaux sur les synapses, ces structures cruciales pour la transmission de l’information dans le cerveau, et de développer un modèle informatique sophistiqué pour mieux comprendre leur rôle dans les maladies nerveuses.
Depuis des décennies, les synapses sont étudiées pour leur fonction de relais d’informations entre les neurones. Cependant, elles sont également impliquées dans des erreurs de transmission qui peuvent contribuer au développement de pathologies telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs de Göttingen ont accumulé une connaissance approfondie de la structure et du fonctionnement des synapses, dépassant les informations contenues dans les manuels scolaires traditionnels.
Reproduire les synapses sur ordinateur
Depuis 2017, une équipe de scientifiques s’est lancée dans un projet ambitieux : reproduire les synapses sur ordinateur. Ce travail colossal, mené dans le cadre du Centre de recherche collaboratif (SFB) 1286 « Synaptologie quantitative » coordonné à l’Université de médecine de Göttingen (UMG), regroupe 33 projets individuels et implique des experts en neurosciences, biologie cellulaire, physique, chimie et statistiques médicales.
En huit ans, des progrès significatifs ont été réalisés dans la simulation des synapses et la compréhension de leur fonctionnement. Ce succès a convaincu la Fondation allemande pour la recherche (DFG) de prolonger le financement du SFB 1286 pour une période supplémentaire de trois ans et demi, à partir de 2026, avec un budget total de 11 millions d’euros.
Un élan pour la recherche
L’objectif principal est de caractériser précisément la structure et la fonction des synapses afin de les reproduire fidèlement sous forme de simulation informatique. Cette approche permettra aux chercheurs de tester différents scénarios et d’observer la réaction des synapses à divers stimuli, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la recherche sur les maladies neurodégénératives. Comme l’explique le professeur Silvio O. Rizzoli, porte-parole du SFB 1286 :
« Notre modèle aidera à mieux comprendre la fonction des synapses et fournira un aperçu des processus de notre système nerveux et de leurs connexions. »
Professeur Silvio O. Rizzoli, directeur de l’Institut de physiologie neuro- et sensorielle de l’UMG
Jusqu’à présent, les chercheurs ont collecté des données précieuses sur la composition moléculaire des synapses, tant au repos qu’en activité. Ils ont également étudié en détail leur structure, leurs protéines et leur positionnement dans la transmission de l’information, ainsi que les changements protéiques constants nécessaires au maintien de leur fonction.
Ces données sont affinées grâce à des expériences en laboratoire et complétées par de nouveaux projets dans le domaine des neurosciences computationnelles, qui visent à modéliser les fonctions synaptiques et les mouvements moléculaires avec une précision encore plus grande grâce à des analyses mathématiques et des simulations informatiques.
Des questions fondamentales à élucider
La phase de financement actuelle permettra d’optimiser le modèle informatique et de combler les lacunes dans la compréhension du fonctionnement synaptique. Le professeur Rizzoli précise : « Nous allons maintenant nous appuyer sur ce travail préliminaire, optimiser davantage notre modèle informatique et le compléter. » L’objectif est de « clarifier les questions ouvertes sur la fonction synaptique et les processus défectueux dans ce domaine ».
Les recherches actuelles combinent des données scientifiques fondamentales avec l’analyse des causes des maladies neurodégénératives, en particulier les changements observés dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de la maladie de Parkinson. Les chercheurs s’intéressent également au vieillissement et à la manière dont les synapses évoluent avec l’âge.
En comprenant mieux les processus synaptiques, les scientifiques espèrent développer des traitements plus efficaces pour les maladies nerveuses évolutives, offrant ainsi un espoir aux patients.
Synapse : un mot-clé
Les synapses sont des zones de contact entre deux cellules qui permettent la transmission d’informations (stimuli/excitations). Ces cellules peuvent être des neurones, mais aussi des cellules musculaires, sensorielles ou glandulaires. Les synapses assurent la communication, généralement dans un seul sens : une cellule nerveuse envoie un signal qu’une cellule voisine reçoit. Ce signal est transmis électriquement à l’intérieur de chaque cellule nerveuse, puis converti en substances messagères pour être relayé à la cellule suivante. Un neurone peut établir des synapses avec une à 100 000 autres cellules. (tko)