Madrid, le 27 février 2024 – La Chine a confirmé qu’elle appliquera un accord de régionalisation pour limiter les restrictions sur les importations de porc espagnol à la province de Barcelone, suite à la récente découverte de cas de peste porcine africaine. Cette mesure vise à préserver les exportations du reste de l’Espagne vers le marché chinois.
- La Chine accepte un accord de régionalisation pour limiter les restrictions commerciales liées à la peste porcine africaine.
- Environ 550 000 tonnes (41,74% des exportations espagnoles de porc vers l’extérieur de l’Union européenne) sont désormais considérées comme sûres pour l’exportation.
- Les experts estiment qu’une source d’infection potentielle pourrait provenir d’aliments pour animaux contaminés.
Le ministre espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, Luis Planas, a annoncé lundi que la Chine mettrait en œuvre les accords de régionalisation signés il y a trois semaines. Cette décision permettra de circonscrire l’impact de la peste porcine africaine (PPA) sur le commerce entre les deux pays. La PPA a été détectée dans la province de Barcelone, ce qui avait soulevé des craintes quant à des restrictions commerciales généralisées.
Selon les chiffres du ministère, cette mesure protège environ 550 000 tonnes de porc espagnol exporté vers la Chine, représentant 41,74% du total des exportations hors Union européenne. Le marché chinois est crucial pour le secteur porcin espagnol.
Interrogé sur l’origine possible de l’épidémie, Luis Planas a évoqué l’hypothèse d’une contamination via l’alimentation animale. Il a déclaré :
« Il existe de nombreuses possibilités que l’origine de l’épidémie se situe dans un élément de l’alimentation humaine qui pourrait provenir d’un pays où la peste porcine existait réellement et qui s’est retrouvé à proximité d’une voie de communication. C’est sans aucun doute l’une des hypothèses les plus plausibles. »
Luis Planas, ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation
Christian Gortázar, professeur de santé animale à l’Institut de recherche sur les ressources cynégétiques de Castilla-La Mancha et expert en PPA, a été interrogé sur les aspects de cette maladie et sa propagation. Il a précisé qu’il n’existait aucun risque pour la santé humaine.
« Il n’y a aucun problème qui affecte la santé des gens. Il ne se passe absolument rien, le seul problème est qu’un reste de cette viande finit sur un autre porc ou un autre sanglier et alors la transmission peut avoir lieu. »
Christian Gortázar, professeur de santé animale
Concernant l’hypothèse d’un sanglier contaminé par un sandwich ou une saucisse importée, l’expert a confirmé sa plausibilité :
« Il s’agira sûrement d’un produit carné ou d’un aliment importé d’un autre pays, qu’il s’agisse d’un sandwich, d’une saucisse ou de tout autre produit, c’est plus difficile. »
Christian Gortázar, professeur de santé animale
Il a également souligné que la maladie ne concernait que les sangliers et les porcs.
Pour lutter contre la propagation de la PPA, les autorités doivent suivre les protocoles établis par la Commission européenne. Cela implique l’abattage des animaux infectés (considéré comme une euthanasie plus humaine que la mort causée par la maladie), la collecte des carcasses pour éviter la contamination, et la mise en place de barrières physiques pour confiner la zone touchée.
La peste porcine africaine est une maladie hémorragique grave pour les animaux. Le secteur porcin espagnol, qui emploie directement et indirectement 300 000 personnes et représente 17% du PIB agricole du pays, pourrait subir un impact significatif si l’épidémie se propageait. Cependant, les autorités restent optimistes quant à la possibilité de contrôler la situation grâce à des mesures locales et efficaces.
