Home MondeVénézuela | De quoi ont parlé Donald Trump et Nicolás Maduro ? : Le contexte de l’ultimatum qui augmente la pression sur le Venezuela | Note | MONDE

Vénézuela | De quoi ont parlé Donald Trump et Nicolás Maduro ? : Le contexte de l’ultimatum qui augmente la pression sur le Venezuela | Note | MONDE

by Clara Dubois

Publié le 1er décembre 2025 à 20h58. Des révélations sur des contacts directs entre l’administration Trump et Nicolás Maduro, incluant une proposition de départ négocié, révèlent une tentative américaine de désescalade en échange de la fin du régime vénézuélien.

  • L’administration américaine a confirmé avoir eu des discussions téléphoniques avec Nicolás Maduro le 21 novembre, après une information exclusive du New York Times.
  • Washington aurait proposé à Maduro un exil sécurisé en Russie ou dans un autre pays en échange de sa démission immédiate.
  • Les négociations ont échoué en raison des exigences de Maduro, notamment une amnistie générale et le maintien du contrôle des forces armées.

Des pourparlers secrets ont eu lieu entre les États-Unis et le Venezuela, révélant une tentative de l’administration Trump de trouver une issue à la crise politique et économique qui ravage le pays. L’existence de ces contacts, initialement rapportée par le New York Times, a été publiquement confirmée par un porte-parole de la Maison Blanche dimanche.

Interrogé par les journalistes, le magnat américain s’est montré laconique :

« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus, la réponse est oui. »

Donald Trump, président des États-Unis

Il a ensuite ajouté :

« Je ne dirais pas que ça s’est bien ou mal passé. C’était un appel téléphonique. »

Donald Trump, président des États-Unis

Selon des sources proches des négociations, citées par le journal El Nuevo Herald, Washington aurait offert à Maduro un « laissez-passer » sécurisé pour lui, son épouse Cilia Flores et leur fils, à condition qu’il démissionne immédiatement. L’offre incluait la possibilité de s’exiler en Russie ou dans un autre pays de son choix.

Le sénateur républicain Markwayne Mullin a confirmé l’existence de cette proposition à CNN :

« Nous avons donné à Maduro une chance de partir. Nous lui avons dit qu’il pouvait aller en Russie ou dans un autre pays. »

Markwayne Mullin, sénateur républicain

Cependant, les négociations ont rapidement atteint une impasse. El Nuevo Herald rapporte que Maduro a exigé une amnistie générale pour tous les crimes qu’il et son entourage auraient pu commettre, ainsi que le maintien du contrôle des forces armées, en échange d’élections libres. Des demandes que Washington a rejetées.

Un autre point de friction a été le calendrier : l’administration américaine insistait sur une démission immédiate, tandis que Caracas souhaitait un processus plus graduel. Après l’annonce, samedi, de la fermeture de l’espace aérien vénézuélien par Trump, le régime de Maduro aurait tenté de reprendre contact avec Washington, sans succès.

Officiellement, les États-Unis justifient leur déploiement militaire dans les Caraïbes par la lutte contre le trafic de drogue. Depuis le 1er septembre, Washington affirme avoir intercepté vingt navires soupçonnés de trafic de drogue dans la région, avec un bilan d’au moins 83 morts. Plus d’informations sur la stratégie américaine dans les Caraïbes.

Washington accuse également Maduro d’être à la tête du Cartel des Soleils, une organisation criminelle vénézuélienne inscrite sur sa liste des organisations terroristes et accusée d’inonder les États-Unis de drogue.

Le politologue vénézuélien Luis Nunes estime que la réponse de Maduro à l’ultimatum de Trump révèle une stratégie de négociation classique : « demander plus pour donner moins ». Il souligne que le leader chaviste souhaite conserver le pouvoir le plus longtemps possible, garantir la continuité du contrôle chaviste sur les forces armées et obtenir des garanties d’impunité.

Selon Nunes, l’administration Trump a rejeté ces conditions d’emblée, sur les conseils de Marco Rubio, et a proposé une alternative radicale : quitter le pays immédiatement sous peine de subir des conséquences plus sévères. Cette intransigeance pourrait marquer un point de non-retour dans la crise vénézuélienne.

Francesco Tucci, professeur de sciences politiques à l’Université péruvienne des sciences appliquées (UPC), explique que ces contacts témoignent d’une confrontation entre deux logiques de pouvoir : Washington cherche une « sortie honorable » tandis que Maduro tente de négocier une transition qui préserve le régime en place. Analyse approfondie de la situation au Venezuela.

Tucci souligne que le rôle des forces armées vénézuéliennes est crucial. Le chavisme a tissé des liens étroits avec l’armée, offrant des avantages et des postes clés à des officiers actifs et retraités, créant ainsi un réseau de loyauté complexe. La survie de Maduro dépendra en grande partie de la capacité de son régime à maintenir le soutien de l’armée.

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