Publié le 16 décembre 2023 à 08h30. Malgré une annonce de cessez-le-feu par l’ancien président américain Donald Trump, les affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge se sont poursuivis samedi matin le long de leur frontière commune, remettant en question la médiation américaine.
- Les combats, déclenchés par une escarmouche début décembre, ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de milliers de déplacés.
- Bangkok conteste fermement l’annonce d’un accord de cessez-le-feu par Donald Trump, affirmant que les opérations militaires cambodgiennes se poursuivent.
- Le Cambodge a confirmé des échanges avec Trump et le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, mais n’a pas évoqué de trêve.
Les affrontements, concentrés autour de la zone contestée du temple de Preah Vihear, ont repris de plus belle après une brève accalmie obtenue en juillet grâce à l’intervention de Donald Trump et de la Malaisie. Le 7 décembre, une escarmouche a blessé deux soldats thaïlandais et a mis fin à cette période de calme. Les tensions frontalières entre les deux pays sont anciennes et liées à des différends territoriaux non résolus.
Donald Trump avait affirmé vendredi avoir obtenu l’accord des deux Premiers ministres, Anutin Charnvirakul (Thaïlande) et Hun Manet (Cambodge), pour un retour au cessez-le-feu initial. Il avait même souligné le rôle du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim dans cette médiation.
« Ils ont accepté de CESSER tous les tirs à compter de ce soir et de revenir à l’accord de paix initial conclu avec moi et eux, avec l’aide du grand Premier ministre de Malaisie, Anwar Ibrahim »
Donald Trump
Cependant, cette affirmation a été rapidement contestée par les autorités thaïlandaises. Après un entretien téléphonique avec Trump, le Premier ministre Anutin avait souligné que la paix dépendait de l’arrêt des attaques cambodgiennes. Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a ensuite démenti formellement l’existence d’un cessez-le-feu convenu.
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a, de son côté, simplement indiqué avoir eu des conversations téléphoniques avec Trump et Anwar Ibrahim, les remerciant pour leurs efforts en faveur d’une paix durable. Il a affirmé que le Cambodge était prêt à coopérer.
Selon les estimations thaïlandaises, les combats ont fait 11 morts dans leurs rangs et 165 du côté cambodgien. Le Cambodge n’a pas communiqué de bilan militaire, mais a fait état d’au moins 11 civils tués et 76 blessés. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers des deux côtés de la frontière.
L’armée thaïlandaise a accusé les forces cambodgiennes d’utiliser des lance-roquettes BM-21 (portée de 30 à 40 kilomètres Britannica) qui, bien que peu précis, ont causé des dégâts. Samedi, l’armée thaïlandaise a annoncé qu’une roquette BM-21 avait touché une zone civile dans la province de Sisaket, blessant grièvement deux personnes qui cherchaient refuge dans un bunker.
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Peck a rapporté de Bangkok. Sopheng Cheang de Serei Saophoan, au Cambodge, et Matthew Lee de Washington ont contribué à ce rapport.
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