Publié le 8 octobre 2025 à 03:57:00. La paralysie budgétaire aux États-Unis se prolonge, entraînant déjà des licenciements de fonctionnaires et menaçant le bon fonctionnement de nombreux services publics. L’impasse entre Républicains et Démocrates sur le financement de l’État fédéral, et plus particulièrement sur les questions de santé, bloque l’adoption d’un nouveau budget.
- Depuis le 1er octobre, une partie importante de l’administration fédérale américaine est à l’arrêt faute d’accord budgétaire.
- Environ 750 000 fonctionnaires fédéraux sont concernés par ce gel des dépenses, avec des conséquences potentielles sur les services essentiels et le tourisme.
- La politique de santé, notamment le programme « Obamacare » et les coupes budgétaires envisagées, constitue le principal point de friction entre les deux partis.
La fermeture du gouvernement américain, ou « shutdown », est une situation récurrente lorsque le Congrès et le président ne parviennent pas à s’entendre sur un budget. En vertu de la « Loi anti-déficience » de 1884, le gouvernement est interdit de dépenser des fonds sans l’approbation préalable du Parlement. Cette loi, initialement conçue pour limiter les dépenses publiques, est aujourd’hui à l’origine de ces crises budgétaires répétées.
Depuis 1976, les États-Unis ont connu 21 de ces fermetures. La plus longue, qui a duré 35 jours, s’est produite de décembre 2018 à janvier 2019, sous la présidence de Donald Trump. À l’époque, le désaccord portait sur le financement de la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, un projet pour lequel le Congrès avait refusé d’allouer 11 milliards de dollars (environ 9,9 milliards d’euros).
Les conséquences de cette paralysie sont multiples. Si les services de police, les patrouilles frontalières, les hôpitaux et le contrôle aérien continuent de fonctionner normalement, de nombreux autres services publics sont affectés. Les employés fédéraux concernés sont temporairement mis au chômage technique, bien qu’une loi votée après la fermeture de 2018/2019 garantisse le versement rétroactif de leur salaire une fois le budget approuvé. Cependant, cette garantie ne s’applique pas aux sous-traitants, et l’absence de revenus immédiats peut peser lourdement sur des familles peu épargnées.
L’administration Trump a déjà demandé à plusieurs agences fédérales d’étudier la possibilité de licenciements permanents. Selon le président, la responsabilité de cette situation incombe aux Démocrates.
« Tout cela est de la faute des démocrates. Les démocrates sont à l’origine de la perte de nombreux emplois. »
Donald Trump, président des États-Unis
Les Démocrates, de leur côté, exigent que les Républicains maintiennent le soutien financier à « Obamacare », le programme d’assurance maladie mis en place sous la présidence de Barack Obama, et s’opposent aux coupes budgétaires prévues dans les soins de santé pour les populations les plus vulnérables. Les Républicains accusent quant à eux les Démocrates de vouloir inclure un financement pour les soins de santé des immigrants sans papiers, ce que ces derniers nient fermement.
Pour les Démocrates, le processus d’approbation du budget représente une occasion de contrer les initiatives politiques de Donald Trump. Pour ce dernier, la fermeture du gouvernement est un moyen de réduire la taille de l’appareil gouvernemental. La situation actuelle est donc un bras de fer politique dont l’issue reste incertaine. L’adoption d’un budget de transition nécessiterait au moins 60 voix sur 100 au Sénat, ce qui impliquerait le soutien de sept sénateurs démocrates, alors que les Républicains n’en comptent que 53.
Les négociations s’annoncent donc difficiles, et la durée de cette fermeture du gouvernement américain reste pour l’instant inconnue.
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