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Le secteur énergétique surperforme le marché grâce à la hausse du pétrole

Le secteur de l'énergie a surperformé le marché global au troisième trimestre 2026, soutenu par la hausse des cours du brut et l'intensification des conflits géopolitiques au…

Le secteur énergétique surperforme le marché grâce à la hausse du pétrole

Le secteur de l’énergie a surperformé le marché global au troisième trimestre 2026, soutenu par la hausse des cours du brut et l’intensification des conflits géopolitiques au Moyen-Orient. Les prix du pétrole et les marges de raffinage ont fortement progressé, plongeant les producteurs dans l’incertitude face à une volatilité persistante des marchés.

La flambée des cours pétroliers au cours du troisième trimestre de 2026 a propulsé le secteur énergétique au sommet des performances boursières. Selon les données de TradingView, l’indice sectoriel XLE a progressé de près de 16 % entre juillet et septembre, éclipsant la hausse de 2 % enregistrée par l’ensemble du marché à travers le S&P 500.

Cette dynamique favorable aux producteurs repose sur des tensions géopolitiques durables. L’élargissement des hostilités au Moyen-Orient et la persistance du conflit ukrainien ont fortement pesé sur les approvisionnements mondiaux en brut et en produits raffinés. Résultat, les cours du pétrole brut se sont approchés de la barre des 100 dollars le baril, s’accompagnant d’une envolée des bénéfices pour les grandes entreprises du secteur.

La volatilité des cours du brut entre le détroit d’Ormuz et les marchés internationaux

Le trimestre a débuté dans un calme relatif avant de basculer dans une forte instabilité. Le contrat à terme de premier mois pour le baril de Brent a ouvert la période à 72 dollars le 1er juillet, un niveau plancher favorisé par une fluidité accrue des flux à travers le détroit d’Ormuz en juin, d’après un rapport de l’Energy Information Administration.

Le secteur énergétique surperforme le marché grâce à la hausse du pétrole
Photo : rfi.fr

Mais la reprise des frappes militaires dès le 7 juillet a inversé la tendance. Cette volatilité quotidienne s’est nourrie des déclarations officielles des dirigeants américains et iraniens, des perturbations de navigation dans le détroit et des attaques répétées contre les infrastructures d’exportation russes.

L’inquiétude des producteurs face à des prix imprévisibles au Texas et dans le Golfe du Mexique

Aux États-Unis, la production de pétrole et de gaz dans les États texan, louisianais et nouveau-mexicain a progressé au troisième trimestre, stimulée par la cherté des cours. La production pétrolière nationale a même atteint un record hebdomadaire de 13,955 millions de barils par jour au cours de la semaine se terminant le 25 septembre, d’après les relevés de Reuters.

Pourtant, cette augmentation des extractions s’accompagne d’un climat de scepticisme parmi les exploitants. L’indice d’incertitude des entreprises d’exploration et de production, interrogées par la Banque fédérale de réserve de Dallas, s’est accru au cours du trimestre, les acteurs du secteur s’interrogeant sur la pérennité de ces niveaux de prix.

« Il y a de l’incertitude quant à ce que l’avenir réserve, je pense que cela est largement dû à la volatilité des prix. »

Kunal Patel, économiste d’entreprise senior à la Federal Reserve Bank de Dallas, via Reuters

Les contrats à terme sur le brut américain ont affiché une moyenne de clôture d’environ 86 dollars le baril au troisième trimestre d’après LSEG, avec une amplitude s’étalant d’un plancher de 67 dollars début juillet jusqu’à un sommet de 107 dollars à la mi-septembre.

Des raffineries aux comptes florissants portées par l’explosion des marges de craquage

Si la volatilité tracasse les foreurs, les raffineurs tirent profit de cette conjoncture tendue. L’utilisation des capacités de raffinage aux États-Unis a atteint une moyenne trimestrielle de 96,3 %, rapporte Reuters, surpassant les 94,7 % observés à la même période en 2025.

Les marges de craquage — qui mesurent la différence entre les cours des produits raffinés et le prix du brut — ont atteint des niveaux historiques.

Indicateur du secteur énergétique Performance observée au troisième trimestre
Indice sectoriel XLE (S&P 500) Hausse de près de 16 %
Production pétrolière hebdomadaire américaine Record de 13,955 millions de barils par jour (semaine au 25 sept.)
Taux d’utilisation des raffineries américaines Moyenne de 96,3 %
Meilleure performance boursière (Marathon Petroleum) Gain de 47,93 %
Pire performance boursière (Texas Pacific Land) Recul de 19,98 %

Le géant TotalEnergies accentue ses rachats d’actions face aux surprofits pétroliers

En Europe, la flambée des cours dope les résultats financiers des grands groupes pétroliers. TotalEnergies a ainsi annoncé qu’il rachètera pour 2,5 milliards de dollars de ses propres actions au cours du quatrième trimestre, selon les informations de Rfi.

Initialement, le groupe français s’était fixé pour 2026 un programme indexé sur un baril de Brent oscillant entre 60 et 70 dollars. Or, la guerre au Moyen-Orient a balayé ces repères, portant les cours du brut au-delà des 103 dollars dès mars et permettant à l’énergéticien de doubler son bénéfice net par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 5,4 milliards de dollars.

Cette manne financière relance vivement le débat politique en Europe. Six gouvernements, menés par l’Allemagne, réclament la mise en place d’une taxe sur les surprofits des multinationales de l’énergie pour financer des aides aux consommateurs, une orientation rejetée tant par TotalEnergies que par le ministère français de l’Économie.

Des fortunes diverses pour les entreprises cotées sur les marchés financiers

Sur les marchés financiers, les entreprises du secteur ont connu des sorts très contrastés. Marathon Petroleum a mené les progressions du trimestre avec un gain de 47,93 %, talonnée par Valero Energy qui a progressé de 45 %, d’après les données de TradingView.

À l’inverse, Texas Pacific Land a essuyé la plus forte baisse du trimestre avec un recul de 19,98 %, pénalisée par l’absence de revenus tirés de la vente de terrains et par des services hydriques inférieurs aux attentes. L’entreprise EQT a également déçu les investisseurs, cédant 7,10 % en raison de cours du gaz naturel inférieurs aux prévisions du marché.

« Il est curieux que, ces dernières semaines, certaines nouvelles aient indiqué une amélioration de la situation à Ormuz et plusieurs indications selon lesquelles des négociations étaient en cours. Le point essentiel est que les stocks mondiaux de pétrole sont au plus bas, le marché est tendu, et même si la situation se résout, le prix prendra du temps à reculer. »

Multiplo Invest, analyste chez Seeking Alpha, via TradingView

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.