Le marché belge des véhicules d’occasion a reculé de 10,2 % par rapport à l’an dernier, selon des chiffres communiqués par Autoscout. En mai, seules 48 461 immatriculations ont été enregistrées, le volume le plus bas pour un mois de mai depuis la crise sanitaire de 2020, alors que les automobilistes privilégient des modèles plus anciens.
Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et une hausse des taux d’intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne (BCE). Ces conditions renchérissent le coût du crédit à la consommation, limitant la capacité des acheteurs particuliers à financer des véhicules d’occasion récents, souvent soumis à des prêts automobiles.
Chute des immatriculations en mai
Le volume d’immatriculations enregistré en mai marque un point bas pour le secteur. Selon Autoscout, cette période est habituellement particulièrement dynamique
, mais les chiffres actuels représentent le niveau le plus faible observé pour un mois de mai depuis 2020.
Cette baisse globale de 10,2 % cache toutefois des disparités selon l’âge des véhicules. Si le marché recule, certains segments résistent mieux que d’autres face à la crise économique. La contraction du marché est particulièrement visible dans les segments de milieu de gamme, où la demande s’est contractée en raison de la perte de pouvoir d’achat des ménages belges.
Résistance des véhicules de plus de 16 ans
L’analyse par âge montre que les voitures les moins récentes sont les moins touchées par le ralentissement. Les véhicules de plus de 16 ans n’enregistrent qu’un recul de 1,2 %, selon Autoscout. Ce segment représente désormais 20,6 % des immatriculations d’occasion, contre 18,7 % un an plus tôt.
À l’inverse, les segments de véhicules plus récents subissent des baisses plus sévères :
- Les véhicules âgés de 2 à 5 ans reculent de 15,7 %.
- Les modèles de 11 à 15 ans perdent 12,0 %.
L’argument financier explique cette tendance. Le coût d’achat plus bas des voitures anciennes attire les consommateurs en contexte de crise. Autoscout souligne également que ces modèles sont moins dépendants de l’électronique, rendant les pannes plus faciles à résoudre et les réparations moins coûteuses.
Toutefois, l’attrait pour les véhicules de plus de 16 ans se heurte aux contraintes réglementaires urbaines. La Belgique a généralisé les Zones de Basses Émissions (LEZ) dans des villes comme Bruxelles, Anvers et Gand. Ces réglementations restreignent l’accès aux centres-villes pour les véhicules les plus polluants, notamment les anciens diesels. Cette situation crée un marché scindé : une demande soutenue pour les véhicules anciens dans les zones rurales ou périurbaines, et une obsolescence forcée pour les utilisateurs urbains.
Progression des motorisations électriques
Malgré la tendance vers les véhicules anciens, les modèles électrifiés progressent. Les véhicules hybrides affichent une légère hausse de 0,7 %.
Le segment des véhicules 100 % électriques enregistre une croissance de 48,6 %, passant de 2 102 à 3 124 unités. Leur part de marché s’établit à 6,4 %, contre 3,9 % en mai 2025, d’après Autoscout. Cette hausse s’explique principalement par la quasi-inexistence de voitures d’occasions électriques par le passé
.
L’augmentation de l’offre en occasion électrique est le résultat direct du cycle de renouvellement des flottes d’entreprises. En Belgique, la fiscalité des voitures de société (Avantage de Toute Véhicule – ATV) a été fortement modifiée pour encourager la transition vers le zéro émission. Les véhicules électriques sont désormais privilégiés pour les nouveaux contrats de leasing en raison de leur déductibilité fiscale avantageuse.
Après un cycle de location typique de trois ou quatre ans, ces premiers véhicules électriques de flotte arrivent sur le marché de l’occasion. Ce flux constant de retours de leasing alimente le stock disponible pour les particuliers, permettant une baisse des prix d’entrée et expliquant la croissance rapide des immatriculations dans ce segment spécifique, malgré la tendance baissière du marché global.
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