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Les contrats à durée déterminée cèdent du terrain et la migration vers le dollar et les FCI se développent à l’approche des élections

Publié le 7 octobre 2025 à 23h52. Les dépôts à vue en Argentine ont connu une baisse significative en septembre, reflétant les tensions persistantes sur le marché des changes et une orientation accrue vers des actifs plus liquides,…

Les contrats à durée déterminée cèdent du terrain et la migration vers le dollar et les FCI se développent à l’approche des élections

Publié le 7 octobre 2025 à 23h52. Les dépôts à vue en Argentine ont connu une baisse significative en septembre, reflétant les tensions persistantes sur le marché des changes et une orientation accrue vers des actifs plus liquides, selon le dernier rapport de la Banque centrale.

  • Les dépôts à vue ont diminué de 4,6 % en termes réels par rapport au mois d’août.
  • Les placements à terme ont augmenté de 6,3 % en moyenne mensuelle, mais montrent une baisse si l’on considère les soldes de fin de mois.
  • Les dépôts en dollars ont progressé de 1,540 million de dollars, en lien avec les liquidations agricoles favorisées par des droits d’exportation nuls.

Le rapport monétaire de la Banque centrale d’Argentine (BCRA), rendu public ce mardi, met en lumière un mouvement de retrait des fonds des comptes courants. Ce phénomène est directement lié, selon les analystes, aux fluctuations observées sur le marché des changes au cours du mois de septembre. Le taux de change officiel a atteint son plafond de fluctuation à la mi-mois, avant de se stabiliser grâce à l’intervention de la banque centrale et à des déclarations rassurantes des États-Unis, interventions qui ont néanmoins entraîné une perte notable de réserves de devises.

Dans ce contexte d’incertitude, les Argentins semblent privilégier la sécurité et la liquidité de leurs placements. Les dépôts à terme, bien qu’en hausse de 6,3 % en moyenne mensuelle, affichent une tendance à la baisse si l’on examine les soldes de fin de mois. Parallèlement, les Fonds Communs d’Investissement Monétaires (FCI) ont connu une croissance réelle de 13,9 %, suggérant un report des épargnes vers des actifs plus facilement convertibles en espèces.

« Le désarmement des dépôts à vue est le revers des tensions de change qui ont été observées au cours du mois. »

LCG, consultant

L’augmentation des dépôts en dollars, de 1,540 million de dollars, est attribuée aux liquidations de devises étrangères générées par le secteur agricole, bénéficiant de la suppression des droits d’exportation. Selon LCG, il s’agirait principalement des exportateurs qui convertissent leurs propres liquidations en dollars, tandis que d’autres ont recours à des couvertures via des contrats à terme ou des titres libellés en dollars.

À l’approche des élections législatives du 26 octobre, les experts anticipent une poursuite de cette tendance à la recherche de placements offrant une protection contre la volatilité financière et la dépréciation du peso. LCG souligne que, face à des rendements plus faibles en monnaie locale et à des anticipations de dévaluation persistantes, la croissance des prêts à terme devrait ralentir par rapport au rythme observé en septembre.

« Face à des rendements plus modestes en pesos et à des attentes de dépréciation qui restent élevées et très changeantes, les prêts à terme devraient modérer le rythme de la croissance que l’on a vu en septembre. »

LCG, consultant

La BCRA a également observé une baisse des taux de dépôt en septembre. Pour les particuliers, le taux nominal annuel (TNA) est passé de 60 % à 40 %, tandis que le Taux Annuel Moyen Pondéré Réel (TAMAR) pour les placements de gros a été réduit de 90 % à environ 50 %. Malgré ces taux restant positifs en termes réels, les craintes de dévaluation ne stimulent pas l’appétit pour les placements à terme en pesos.

En revanche, les taux d’intérêt appliqués aux prêts, tant aux particuliers qu’aux entreprises, n’ont pas connu de baisse équivalente. Le TNA des prêts personnels s’est maintenu à 76,4 % en septembre, un niveau similaire à celui d’août. Cette situation a entraîné un ralentissement du crédit à la consommation, avec une baisse réelle de 0,2 % en septembre, le chiffre le plus faible depuis mars de l’année dernière. Guillermo Barbero, associé de First Capital Group, explique ce frein par la hausse des taux et la prudence des banques en raison de l’augmentation des impayés.

« Ce frein est d’autant plus notable que ce poste est l’un de ceux qui ont le plus augmenté au cours des 18 derniers mois. »

Guillermo Barbero, associé de First Capital Group

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.