Home MondeLes correspondants de Radio-Canada se dévoilent dans un documentaire

Les correspondants de Radio-Canada se dévoilent dans un documentaire

by Clara Dubois

Le métier de journaliste à l’étranger, souvent exercé au péril de sa vie, est au cœur d’un nouveau documentaire de Radio-Canada. « Correspondants » plonge au quotidien avec six reporters basés à l’étranger, révélant les défis, les risques et la passion qui animent ces acteurs essentiels de l’information.

Diffusé ce jeudi 24 septembre à 20h sur ICI TÉLÉ, ICI RDI, ICI TOU.TV et le site web de Radio-Canada, le documentaire suit Marie-Ève Bédard, Azeb Wolde-Giorghis, Raphaël Bouvier-Auclair, Tamara Altéresco, Frédéric Arnould et Philippe Leblanc. Céline Galipeau et Christian Latreille, eux-mêmes d’anciens correspondants, ont rencontré ces journalistes à Paris, Washington, Istanbul et Taipei pour offrir un regard privilégié sur leur travail.

L’idée était de changer de perspective, explique Céline Galipeau. « On les a interrogés longuement, sous toutes sortes d’angles, pour aller plus en profondeur dans leur quotidien. » Le documentaire ne se limite pas aux correspondants : il donne également la parole aux caméramans et aux réalisateurs qui les accompagnent sur le terrain.

Couvrir des zones de conflit, comme le fait régulièrement Marie-Ève Bédard, implique de composer avec le danger. Tamara Altéresco confie que la peur peut même être un moteur : « La peur, elle est utile, parce qu’elle allume les antennes. » Cependant, il est crucial de ne pas se laisser paralyser. « Il faut l’oublier, et puis il faut aller à la rencontre des gens », précise Christian Latreille.

Au-delà du danger physique, les correspondants sont confrontés à une forte pression mentale. Ils sont en alerte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et doivent couvrir un vaste territoire géographique. Raphaël Bouvier-Auclair, par exemple, était responsable de l’actualité des 27 pays de l’Union européenne lorsqu’il était basé à Paris. Cette charge de travail a également des conséquences sur leur vie personnelle et leurs proches.

Le documentaire aborde également les difficultés croissantes rencontrées par les journalistes internationaux en 2025. Certains pays exercent un contrôle de plus en plus strict sur l’information. Philippe Leblanc, basé à Taipei, s’est vu refuser son visa pour la Chine. Radio-Canada a dû fermer son bureau à Moscou en 2022, suite à une décision des autorités russes. Israël impose également des conditions très strictes aux journalistes étrangers souhaitant accéder à la bande de Gaza.

« Les journalistes n’ont pas le droit d’entrer, sauf dans des conditions très particulières, où ils sont très encadrés par l’armée israélienne », déplore Céline Galipeau.

Malgré ces obstacles, Radio-Canada réaffirme son engagement envers l’information internationale. « Ce n’est peut-être pas un métier qui est en voie d’extinction, mais c’est un métier qui est en danger, parce que ça coûte très cher de maintenir des bureaux à l’étranger », souligne Christian Latreille. « Mais on reste présents […]. C’est essentiel. »

Le premier bureau de Radio-Canada à l’étranger a ouvert ses portes à Paris en 1957, avec Judith Jasmin et Pierre Nadeau comme premiers journalistes. Depuis, le diffuseur public a renforcé la sécurité de ses correspondants en leur offrant des formations et en engageant des conseillers en sécurité.

La plus grande crainte des correspondants, finalement, est de manquer un événement majeur. C’est en étant sur le terrain, selon Christian Latreille, que l’on trouve « les vraies histoires, les bonnes histoires ». « On a beau faire des plans, lire des rapports de recherche, lire tous les journaux, lorsqu’on part en reportage, l’histoire se dessine souvent sous nos yeux en temps réel. Et c’est ça qui est fantastique! »

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