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Les créanciers du Venezuela se préparent à renégocier leurs obligations de pacotille

by Amélie Bernard

Publié le 2026-01-10 04:30:00. Un groupe influent de créanciers internationaux se prépare à entamer des négociations pour restructurer des milliards de dollars de dette vénézuélienne, ouvrant la voie à une possible réintégration du pays dans les marchés financiers mondiaux après des années de crise.

  • Le Comité des créanciers du Venezuela (VCC) a exprimé sa volonté de négocier une restructuration de la dette.
  • Les sanctions américaines restent un obstacle majeur, nécessitant une autorisation pour toute négociation avec le gouvernement vénézuélien.
  • Le prix de certaines obligations vénézuéliennes a triplé depuis l’élection de Donald Trump, signalant un regain d’intérêt des investisseurs.

Après des années de défaut de paiement, débuté en 2017, le Venezuela pourrait être sur le point d’entamer un processus de restructuration de sa dette extérieure. Un groupe représentatif de fonds américains et internationaux, détenteurs d’obligations vénézuéliennes, se prépare à engager des discussions complexes pour renégocier des sommes considérables. Cette initiative, signalée par le Comité des créanciers du Venezuela (VCC), est perçue comme un premier pas vers une éventuelle réintégration du pays pétrolier dans les marchés mondiaux.

Le VCC estime que la reprise économique et sociale du Venezuela, notamment dans le secteur pétrolier, dépendra crucialement d’un accès renouvelé aux capitaux privés internationaux. Dans une déclaration, le groupe a souligné l’importance d’une résolution globale et équitable de la dette publique, obtenue par le biais de négociations.

« Le VCC reconnaît que le rétablissement de l’accès aux capitaux privés internationaux sera crucial pour la reprise sociale et économique du Venezuela, y compris le secteur pétrolier. En ce sens, le VCC estime qu’une résolution globale et équitable de la restructuration de la dette publique, obtenue grâce à un processus négocié, accélérera le financement dans tous les secteurs de l’économie vénézuélienne et favorisera la prospérité à long terme de sa société. »

Déclaration du Comité des créanciers du Venezuela

Cependant, le processus est semé d’embûches. Les sanctions imposées par les États-Unis aux responsables chavistes interdisent aux fonds spéculatifs et autres acteurs du système financier international de négocier directement avec le gouvernement vénézuélien sans autorisation préalable. Le VCC est composé d’entreprises qui avaient massivement investi dans l’économie vénézuélienne à l’époque de l’essor pétrolier sous la présidence d’Hugo Chávez, notamment GMO, Morgan Stanley Investment Management, Greylock Capital, Fidelity et T. Rowe Price.

Selon les analystes de Wall Street, le montant total des obligations en défaut du Venezuela et de sa compagnie pétrolière publique PDVSA s’élève à environ 60 milliards de dollars. À cela s’ajoutent des prêts contractés auprès de la Chine, notamment 20 milliards de dollars auprès de la China Development Bank (CDB) en échange de pétrole, ainsi que des sentences arbitrales pour des expropriations et des accords bilatéraux avec la Russie. Le total de la dette pourrait ainsi atteindre environ 170 milliards de dollars, bien que les chiffres précis restent difficiles à établir.

Gustavo Rojas-Matute, économiste chez Moody’s Analytics, estime que le Venezuela pourrait obtenir l’aide du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement (BID) et de la Banque de développement d’Amérique latine (CAF) si les États-Unis donnent leur feu vert. Pour Rojas-Matute, une restructuration réussie nécessite un plan crédible de stabilisation macroéconomique, un retour aux institutions démocratiques et une séparation des pouvoirs.

« Pour que le Venezuela puisse revenir sur les marchés internationaux, il doit rencontrer ses créanciers et leur proposer un plan, que ce soit pour le refinancement, la restructuration ou le reprofilage de la dette, et un soutien financier des organismes multilatéraux pour pouvoir commencer à payer les dettes impayées. »

Gustavo Rojas-Matute, économiste chez Moody’s Analytics

L’intérêt des investisseurs pour la dette vénézuélienne a considérablement augmenté depuis l’élection de Donald Trump. Le prix de nombreuses obligations a même triplé au cours de la dernière année, et a encore progressé de 30% au cours de la première semaine suivant le départ de Nicolás Maduro. Certaines obligations de référence atteignent désormais près de 40 cents par dollar, un niveau considéré comme un point de reprise potentiel pour les investisseurs.

Parallèlement, des compagnies pétrolières américaines ont été invitées par l’administration Trump à investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans le secteur pétrolier vénézuélien, en échange de garanties de sécurité juridique. La réaction initiale des entreprises a été prudente, celles-ci demandant un plan d’action plus précis. Un groupe d’investisseurs en actifs alternatifs a également annoncé son intention de se rendre à Caracas pour explorer les opportunités d’investissement.

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