Publié le 7 novembre 2023 08:58:00. L’ancien prince Andrew, déjà fragilisé par le scandale Epstein, est désormais convoqué par des élus américains pour répondre à des questions sur ses liens avec le financier pédophile. Cette demande intervient alors que de nouvelles accusations refont surface, notamment à travers les mémoires d’une victime.
- Des élus démocrates du Congrès américain ont officiellement demandé à Andrew de coopérer à leur enquête sur Jeffrey Epstein.
- La convocation fait suite à la publication de mémoires accablantes et à la récente perte de ses titres officiels.
- Bien que non contraignante, cette demande pourrait forcer l’ancien prince à s’expliquer sur son amitié de longue date avec Epstein.
Le comité de surveillance de la Chambre des représentants américaine a adressé une lettre à Andrew au Royal Lodge, sa résidence qu’il a dû quitter après avoir été déchu de ses titres de prince le 30 octobre dernier. Cette convocation, initiée par les démocrates, vise à éclaircir le réseau et les complices de Jeffrey Epstein, le financier décédé en prison, accusé de trafic sexuel de mineures.
Les membres du comité insistent sur l’importance de l’amitié « de longue date » entre Andrew et Epstein pour justifier leur requête. Ils espèrent ainsi obtenir des informations cruciales sur les activités criminelles du financier. La lettre, signée par seize élus démocrates, demande un « entretien transcrit » avec l’ancien prince.
« Le comité cherche à découvrir l’identité des co-conspirateurs et des complices de M. Epstein et à comprendre toute l’étendue de ses opérations criminelles », peut-on lire dans le document. « Des allégations bien documentées contre vous, ainsi que votre amitié de longue date avec M. Epstein, indiquent que vous pourriez avoir connaissance de ses activités pertinentes pour notre enquête. »
Bien que le comité ne dispose pas du pouvoir de contraindre Andrew à témoigner, il espère obtenir sa coopération « dans l’intérêt de la justice pour les victimes de Jeffrey Epstein ». L’ancien prince a toujours nié toute implication dans les agissements d’Epstein, malgré les pressions et les accusations répétées.
La convocation intervient dans un contexte politique particulier. Le comité est actuellement contrôlé par les Républicains, qui n’ont pas encore indiqué s’ils soutiendraient la demande des démocrates.
Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, a déclaré que cette invitation était une affaire personnelle pour Andrew.
« Mon point de vue, et il ne s’agit pas d’un cas individuel en général, est que toute personne disposant d’informations pertinentes devrait toujours être prête à les fournir à toute enquête ayant besoin de ces informations. Mais la décision individuelle est son affaire. »
Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique
Spencer Kuvin, un avocat représentant plusieurs accusatrices d’Epstein, doute quant à la probabilité que l’ancien prince accepte de témoigner. Il souligne les risques juridiques liés à un faux témoignage sous serment. Cependant, il reconnaît qu’Andrew pourrait involontairement aider à identifier d’autres complices en révélant qui il a vu au domicile d’Epstein et en confirmant certains récits.
Le leader libéral-démocrate, Sir Ed Davey, a estimé qu’il était « juste » qu’Andrew réponde aux questions du Congrès.
« Il devrait également témoigner devant notre Parlement. Le public mérite des réponses et une transparence totale sur ce scandale. »
Sir Ed Davey, leader libéral-démocrate
Il a exprimé son opinion sur le réseau social X.
Le palais de Buckingham avait annoncé fin octobre qu’Andrew perdrait son titre de « prince » et quitterait le Royal Lodge en raison de la controverse persistante autour de ses liens avec Epstein. Cette décision faisait suite à des mois de pression publique et à la publication de témoignages accablants. Andrew avait initialement annoncé qu’il renonçait à ses titres « dans l’intérêt de sa famille et de son pays », après en avoir discuté avec le roi.
Les accusations contre Andrew ont été relancées par la publication, en octobre dernier, des mémoires de Virginia Giuffre, une des principales accusatrices d’Epstein. Elle y répète ses allégations de relations sexuelles avec l’ancien prince à l’adolescence. Andrew continue de nier ces accusations. Le comité du Congrès a d’ailleurs fait référence à ces mémoires dans sa lettre, soulignant l’urgence d’obtenir des éclaircissements.
Des membres du comité avaient déjà intensifié leurs appels à Andrew pour qu’il réponde à leurs questions quelques jours après sa destitution de ses titres. Ils souhaitent obtenir des réponses précises sur la nature de ses relations avec Epstein et son éventuelle connaissance des activités illégales du financier.
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