L’acquisition par la Suisse de 36 avions de combat américains F-35 est remise en question en raison d’une augmentation imprévue des coûts annoncée par les États-Unis. Berne doit revoir ses plans de modernisation de l’armée de l’air face à ces dépassements budgétaires.
Le gouvernement suisse a annoncé ce vendredi qu’il ne serait pas en mesure, dans l’état actuel des choses, d’acquérir l’ensemble des 36 appareils F-35A initialement prévus. Cette décision fait suite à l’annonce de coûts supplémentaires par les États-Unis, qui pourraient atteindre entre 650 millions et 1,3 milliard de francs suisses (environ 750 millions à 1,5 milliard de dollars).
En 2020, le peuple suisse avait approuvé une dépense de 6 milliards de francs suisses pour moderniser la flotte de l’armée de l’air, dont les actuels F/A-18 Hornet arriveront en fin de vie en 2030. Le gouvernement a désormais chargé le ministère de la Défense d’acquérir autant d’avions F-35A que possible avec ce budget.
« Compte tenu des coûts supplémentaires prévisibles, il n’est pas financièrement possible de maintenir le nombre initialement prévu de 36 F-35A », a déclaré le gouvernement dans un communiqué. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, a précisé lors d’une conférence de presse à Berne que le nombre final d’avions acquis dépendra de l’évolution du taux d’inflation américain. « Nous ne savons pas exactement » combien d’appareils pourront être commandés, a-t-il admis.
Lors de la présentation du dossier F-35, le gouvernement suisse avait mis en avant la supériorité de cet appareil par rapport à ses concurrents européens, l’Eurofighter et le Rafale, ainsi que son coût jugé plus avantageux. Berne avait également affirmé avoir obtenu des garanties américaines quant à la stabilité du prix.
Cependant, le 25 juin dernier, les États-Unis ont signalé l’existence de coûts additionnels liés à l’inflation, à la hausse des prix des matières premières et à d’autres facteurs. Le gouvernement suisse a reconnu ce vendredi que le prix fixe initialement convenu ne pourrait pas être maintenu. « Les discussions qui ont eu lieu cet été avec les États-Unis ont montré que la Suisse ne pouvait pas faire respecter le prix fixe convenu contractuellement », indique le communiqué.
Par ailleurs, la Suisse et les États-Unis sont actuellement en négociations pour réduire les droits de douane imposés par l’administration Trump, qui atteignent 39 % et représentent une menace importante pour l’économie suisse. Berne s’efforce d’obtenir une réduction de ces droits à 15 %.
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