Publié le 29 septembre 2025 à 04h39. Les cyberattaques se multiplient et gagnent en virulence, poussant les entreprises à revoir leurs stratégies de défense et à investir davantage dans la cybersécurité, tandis que les menaces internes et les attaques d’États-nations représentent des défis croissants.
- 71 % des responsables de la sécurité constatent une augmentation de la fréquence des cyberattaques au cours de la dernière année.
- Près de 80 % s’inquiètent d’être ciblés par une attaque d’État-nation dans les 12 prochains mois.
- L’intelligence artificielle (IA) est à la fois un outil pour les attaquants et un moyen de renforcer les défenses.
Les entreprises sont de plus en plus exposées aux cybermenaces, comme le révèle une nouvelle étude de VikingCloud. Plus des trois quarts des responsables de la sécurité interrogés estiment que les réductions budgétaires des agences gouvernementales chargées de la cybersécurité, telles que la CISA et la NSA, ont accru la vulnérabilité de leurs organisations. Elles se retrouvent ainsi face à des attaquants persistants et bien financés, souvent sans avertissement préalable.
Les attaques orchestrées par des États-nations sont une préoccupation majeure, avec près de 80 % des dirigeants de la sécurité anticipant une telle menace dans l’année à venir. Cette inquiétude est alimentée par les tensions géopolitiques actuelles, qui étendent le champ d’action de ces attaques au-delà des seuls gouvernements et infrastructures critiques. On observe une propagation des compromissions de la chaîne d’approvisionnement logicielle vers des secteurs variés tels que la vente au détail, la santé et l’hôtellerie. Les compromissions de la chaîne d’approvisionnement logicielle sont en plein essor.
L’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus important dans ce paysage. Les attaquants exploitent les capacités de l’IA générative et des agents IA pour perfectionner leurs techniques de phishing, d’ingénierie sociale et de rançongiciels. La plupart des responsables de la sécurité suspectent d’ailleurs que l’IA a été utilisée dans les attaques dont leurs organisations ont été victimes au cours de l’année écoulée. Cependant, seulement 70 % se disent confiants dans leur capacité à contrer ces tactiques en temps réel. Les fraudes vocales basées sur l’IA (“deepfakes”) et les injections rapides contre les modèles d’IA sont également en augmentation. L’ingénierie sociale est particulièrement touchée.
Face à ces défis, les organisations se tournent également vers l’IA pour renforcer leurs défenses. Près de tous les répondants utilisent l’IA pour automatiser des tâches telles que la détection des menaces, la gestion des identités et l’application des correctifs. L’objectif est de libérer les équipes de sécurité pour qu’elles puissent se concentrer sur la chasse aux menaces et la gestion des risques stratégiques. Malgré ces efforts, 68 % des dirigeants restent préoccupés par leur capacité à se défendre contre les menaces basées sur l’IA en temps réel.
« De nombreuses équipes de cybersécurité sont passées d’une approche réactive à une posture proactive, et ce changement façonnera la prochaine phase de la résilience cybernétique. »
Kevin Pierce, président et chef de l’exploitation chez VikingCloud
Les menaces internes continuent également de poser problème. Plus d’un tiers des répondants ont déclaré que plus d’un quart de leurs incidents de sécurité étaient liés à des employés, que ce soit par erreur ou par malveillance. Ce risque s’accentue avec la taille de l’organisation, car un plus grand nombre de sites, de terminaux et d’utilisateurs élargissent la surface d’attaque. Les menaces d’initiés restent un défi majeur.
La formation des employés est la réponse la plus courante à ce problème, avec plus de la moitié des entreprises ayant élargi leurs programmes de sensibilisation à la sécurité au cours de la dernière année, en mettant l’accent sur les menaces liées à l’IA.
L’étude révèle également un manque de transparence en matière de signalement des incidents. Près de la moitié des dirigeants interrogés ont admis ne pas signaler toutes les violations importantes à leur équipe de direction ou à leur conseil d’administration, certains dissimulant cinq incidents ou plus. Les raisons invoquées sont la crainte de représailles, les dommages à la réputation et les conséquences réglementaires. Ce manque de transparence conduit à une sous-estimation des risques et à une fausse impression de résilience, qui peut s’effondrer en cas de brèche majeure. La résilience peut être illusoire.
Enfin, les entreprises investissent davantage dans la cybersécurité. Un tiers d’entre elles ont augmenté leurs budgets, contre seulement 7 % l’année précédente. Elles recrutent également du personnel et font de plus en plus appel à des fournisseurs de services de sécurité gérés pour étendre leur couverture et consolider leurs outils. La dépendance à l’égard de ces partenaires externes a doublé en un an, avec les deux tiers des entreprises qui utilisent désormais des services gérés sous une forme ou une autre.
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