Publié le 6 décembre 2025 00:05:00. L’Union européenne se trouve face à un dilemme crucial pour maintenir son soutien à l’Ukraine, alors que les besoins financiers de Kiev explosent face à l’intensification du conflit avec la Russie. La Commission européenne propose des solutions controversées, notamment l’utilisation des avoirs russes gelés, qui se heurtent à l’opposition de certains États membres.
- L’UE doit trouver 90 milliards d’euros (environ 97 milliards de dollars américains) pour financer l’Ukraine en 2026 et 2027.
- Deux options sont sur la table : un emprunt commun sur les marchés financiers ou l’utilisation des avoirs russes gelés comme garantie.
- La Belgique, où sont détenus la majorité de ces avoirs (290 milliards d’euros), s’oppose fermement à leur utilisation.
À moins de deux semaines d’un sommet décisif le 18 décembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté aux États membres deux pistes pour répondre aux besoins urgents de l’Ukraine. Le pays, confronté à une escalade des attaques russes et à une pression accrue de Washington pour parvenir à un accord de paix, voit son économie s’effondrer et ses services essentiels vaciller. L’enjeu est de permettre à Kiev de négocier « en position de force ».
La Commission européenne propose donc soit de contracter un emprunt sur les marchés financiers, soit de s’appuyer sur les avoirs russes gelés, principalement conservés en Belgique par Euroclear, un établissement de dépôt de titres bruxellois. Dans ce dernier cas, l’Ukraine rembourserait ce prêt grâce aux compensations financières que Moscou serait censée verser après la guerre.
Cependant, les deux options rencontrent des résistances. L’idée d’un emprunt commun suscite l’inquiétude de nombreux États membres, réticents à l’idée de partager la responsabilité du remboursement. De plus, un consensus s’annonce difficile à obtenir, notamment en raison de l’opposition historique de la Hongrie au financement de l’Ukraine.
L’utilisation des avoirs russes gelés se heurte à un blocage encore plus ferme de la part de la Belgique. Le gouvernement belge, dirigé par le Premier ministre Bart De Wever, craint de devoir assumer seul d’importants coûts si la Russie décidait d’intenter des poursuites judiciaires ou d’exiger la restitution de ses fonds en cas de levée des sanctions.
« Nous sommes frustrés que notre voix n’ait pas été entendue. Les textes présentés par la Commission ne répondent pas à nos préoccupations »,
Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères
M. Prévot plaide plutôt pour un emprunt commun au niveau de l’Union européenne. Un diplomate d’un pays membre de l’UE a souligné l’urgence de la situation :
« C’est un moment très important. Nous savons qu’il n’est jamais facile de parvenir à un accord entre 27 pays, mais si nous ne pouvons pas faire quelque chose d’existentiel comme financer l’Ukraine, alors nous aurons véritablement échoué – nous et l’Ukraine. »
Diplomate d’un pays membre de l’UE (non nommé)
La Commission européenne insiste sur le fait que l’utilisation des avoirs russes comme garantie, plutôt que leur confiscation pure et simple – considérée par la plupart des experts comme illégale – enverrait un signal fort à Moscou, montrant que l’Ukraine peut continuer à résister pendant des années et renforcer sa position dans les négociations.
Le plan européen vise à couvrir environ les deux tiers des besoins financiers de Kiev pour 2026 et 2027. L’issue de ce débat déterminera non seulement l’avenir de l’Ukraine, mais aussi la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale.
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