Publié le 23 octobre 2025 16:37:00. Une étude internationale confirme que l’activité physique a des effets bénéfiques durables sur le métabolisme, même au repos, et que le corps ne compense pas cette dépense énergétique en ralentissant les fonctions vitales.
- Plus l’activité physique est importante, plus la dépense calorique est élevée, sans impact négatif sur les fonctions de base de l’organisme.
- Les personnes actives ont tendance à passer moins de temps assises et sont moins sujettes à de longues périodes d’inactivité.
- Des chercheurs espagnols ont participé à cette étude, qui a analysé le “budget énergétique” de 75 adultes.
L’exercice physique ne se limite pas à brûler des calories pendant son exécution. Une nouvelle recherche, publiée ce lundi dans la revue PNAS, démontre que ses effets positifs se prolongent bien après l’arrêt de l’activité et que le corps humain ne réduit pas sa consommation d’énergie pour les fonctions essentielles comme la respiration ou la circulation sanguine.
L’étude, menée par l’université Virginia Tech aux États-Unis, en collaboration avec les universités d’Aberdeen (Royaume-Uni) et de Shenzhen (Chine), ainsi que plusieurs chercheurs espagnols, a analysé le “budget énergétique” de 75 adultes âgés de 19 à 63 ans, présentant des niveaux d’activité allant de la sédentarité à la pratique d’ultra-endurance.
Pour mesurer précisément leur dépense énergétique totale, les participants ont ingéré des isotopes d’oxygène et d’hydrogène. Les variations de ces isotopes dans leurs échantillons d’urine ont été enregistrées, parallèlement au suivi de leurs mouvements grâce à des capteurs portables pendant une période de deux semaines.
Les résultats ont révélé que l’augmentation de l’activité physique s’accompagne d’une augmentation proportionnelle de la dépense calorique, indépendamment de la composition corporelle. Le corps s’adapte pour gérer cette dépense supplémentaire sans pour autant réduire l’énergie allouée aux fonctions vitales.
Selon les chercheurs, le “budget énergétique” d’une personne peut fonctionner de deux manières : soit comme un revenu fixe, où l’énergie est redistribuée à partir d’autres fonctions pour compenser l’activité, soit comme un système flexible, basé sur des primes, qui permet une dépense énergétique accrue sans affecter les fonctions de base.
L’équipe de recherche a cherché à déterminer quel modèle correspond le mieux à la réalité physiologique. Elle a constaté que les personnes les plus actives passent également moins de temps assises, ce qui soutient le modèle énergétique “additif”. Elles sont moins susceptibles de connaître de longues périodes d’inactivité.
Le chercheur espagnol Guillermo Zorrilla, du Laboratoire d’évolution humaine de l’Université de Burgos, a expliqué à l’agence EFE qu’ils ont également comparé des populations de différentes régions du monde, où les niveaux d’activité physique sont très élevés, à des populations occidentales plus sédentaires. Il a souligné que lorsque l’exercice physique est plus important et que la dépense énergétique augmente, des “mécanismes compensatoires” entrent en jeu pour éviter de dépasser les limites qui pourraient affecter les fonctions vitales de l’organisme. EFE
« C’est comme si les personnes qui font de l’exercice ou qui sont plus actives avaient un « budget énergétique » plus important. »
Guillermo Zorrilla, chercheur au Laboratoire d’évolution humaine de l’Université de Burgos
La professeure Olalla Prado, de l’Université européenne de Madrid, qui étudie l’évolution du métabolisme énergétique humain, a également participé à ces travaux.
Cette recherche confirme que les bienfaits du mouvement persistent même lorsque le corps est au repos et qu’une activité physique accrue contribue à une meilleure santé globale.
À ne pas manquer
