L’émergence de thérapies ciblées transforme la prise en charge de la dermatite atopique et des maladies inflammatoires de la peau.
Les approches thérapeutiques de la dermatite atopique ont longtemps reposé sur des immunosuppresseurs à large spectre.
Aujourd’hui, la compréhension des mécanismes moléculaires oriente la recherche.
Cette recherche est guidée par les endotypes immunitaires, les mutations génétiques comme celles de la filaggrine (FLG) et les facteurs environnementaux, d’après les données de Frontiersin.
Cibler les mécanismes immunitaires de la dermatite atopique
L’immunité de type 2 demeure l’axe principal des traitements biologiques actuels.
Suite à une lésion de la barrière cutanée, l’activation des cellules lymphoïdes innées et des lymphocytes Th2 entraîne la production de cytokines. Ces cytokines incluent l’IL-4, l’IL-5, l’IL-13 et l’IL-31.
Bien que l’IL-4 et l’IL-13 partagent des voies de signalisation via la sous-unité IL-4Rα et l’activation JAK–STAT, l’IL-13 exerce des effets plus directs sur l’intégrité de la barrière épidermique.
Par ailleurs, l’IL-31 joue un rôle majeur dans le prurit.
Elle agit directement sur les neurones sensoriels par l’intermédiaire du récepteur IL-31RA et du complexe du récepteur de l’oncostatine M (OSMR), ainsi que le rapportent les chercheurs dans Frontiersin.
Comparer l’efficacité des options cliniques disponibles
Malgré la validation de cibles thérapeutiques précises, les réponses cliniques demeurent variables selon les patients.
Une méta-analyse en réseau a évalué l’efficacité des molécules approuvées.
Cette étude inclut 149 essais, 28 686 patients et 75 interventions, avec une recherche actualisée jusqu’en novembre 2022.
Par rapport au placebo, les médicaments les plus efficaces avec un haut degré de certitude comprenaient l’infliximab, le bimekizumab, l’ixekizumab et le risankizumab.
Même avec une cible validée, la réponse thérapeutique n’est pas universelle.
Les scores EASI-75 et EASI-90 ne sont atteints que chez une fraction des patients dans les essais de grande envergure.
Pratiquer la stratification par biomarqueurs en clinique
Malgré l’identification de profils transcriptomiques cutanés et sanguins distincts — comme les sous-types associés à la signalisation de la famille de l’IL-1 ou aux éosinophiles —, ces descriptions ne se traduisent pas encore par une stratégie de décision en routine.
Les médicaments continuent d’être prescrits selon la sévérité de la affection.
Ils sont aussi prescrits selon l’emplacement des lésions, les comorbidités et les préférences des patients.
L’utilisation de biomarqueurs de diagnostic ou de stratification reste confinée au domaine de la recherche, selon les analyses publiées par Medscape.