Publié le 31 décembre 2025 à 10h39. Washington s’inquiète d’une nouvelle loi sud-coréenne sur la régulation des contenus en ligne, craignant une atteinte à la coopération technologique et une potentielle discrimination envers les entreprises américaines.
- Le gouvernement américain critique une loi sud-coréenne visant à lutter contre la désinformation en ligne, la jugeant trop large et susceptible de censurer les plateformes numériques.
- Sarah Rogers, sous-secrétaire d’État américaine à la diplomatie publique, a exprimé ses préoccupations sur le réseau social X, soulignant l’importance de recours civils plutôt que de censure réglementaire.
- La loi cible les grandes plateformes technologiques comme X, Meta et Google en leur imposant des obligations de blocage de la monétisation des fausses informations.
Les États-Unis ont publiquement exprimé leur méfiance concernant l’amendement à la loi sud-coréenne sur les réseaux d’information et de communication, communément appelée « loi sur l’éradication des informations fausses et manipulées ». Washington craint que cette législation ne donne aux autorités un pouvoir de censure excessif, compromettant ainsi la coopération technologique entre les deux pays.
Sarah Rogers, sous-secrétaire d’État américaine à la diplomatie publique, a partagé ses inquiétudes sur le réseau social X le 30 décembre (heure locale). Elle a écrit :
« L’amendement proposé par la Corée à la loi sur les réseaux de télécommunications vise apparemment à apporter une réparation contre les deepfakes diffamatoires, mais en réalité, il va bien au-delà de sa portée et menace la coopération technologique. »
Sarah Rogers, sous-secrétaire d’État américaine à la diplomatie publique
Elle a ajouté qu’il était préférable d’offrir des recours civils aux victimes de fausses informations plutôt que de recourir à la censure imposée par les régulateurs.
L’amendement en question définit les « grands fournisseurs de services d’information et de communication » en fonction de leur nombre d’utilisateurs et de leur chiffre d’affaires. Ces entreprises seraient alors tenues de bloquer la monétisation des contenus jugés faux ou trompeurs, par exemple en limitant les revenus publicitaires ou en suspendant les comptes. Elles devraient également publier des rapports de transparence détaillés. Cette législation est perçue comme ciblant directement les géants américains de la technologie tels que Google, Meta (maison mère de Facebook et Instagram) et X (anciennement Twitter).
Cette opposition américaine intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant la régulation des plateformes numériques. Récemment, les États-Unis ont également contesté le Digital Services Act (DSA) de l’Union européenne, qui impose des obligations similaires aux grandes entreprises technologiques.
L’amendement coréen s’inscrit dans une démarche similaire au DSA de l’UE, en renforçant la responsabilité des grandes plateformes en ligne en matière de gestion des contenus et en les obligeant à publier des rapports de transparence réguliers. Les deux textes législatifs exigent également des mesures algorithmiques et de modération pour prévenir la diffusion d’informations illégales.
Lors du récent sommet Corée-États-Unis, un document explicatif commun (fiche d’information commune) stipulait que les deux pays s’engageaient à « garantir que les entreprises américaines ne soient pas victimes de discrimination ou ne soient pas confrontées à des obstacles inutiles dans les lois et politiques liées aux services numériques ». Les États-Unis pourraient donc soulever des questions commerciales sur la base de cet engagement.
Correspondant à Washington / Kim Won-cheol
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