Des avancées sont signalées sur les garanties de sécurité lors des pourparlers de paix à Miami, mais les divergences persistent quant au statut territorial de l’Ukraine. Les États-Unis ont proposé un nouveau format de négociation impliquant l’Europe, tandis que la Russie maintient une position ferme et Moscou attend des clarifications de Washington.
Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Washington a suggéré un format de négociation élargi : « L’Ukraine, l’Amérique, la Russie et, puisqu’il y a des représentants de l’Europe là-bas, probablement l’Europe aussi », a-t-il déclaré samedi à Kiev. Kiev attend de voir les résultats des négociations bilatérales avec les représentants américains, qui se sont tenues ce week-end en Floride, avant de se prononcer sur cette proposition.
Parallèlement, des discussions ont eu lieu à Berlin entre les principaux États européens, les États-Unis et l’Ukraine, dans le but de trouver une solution au conflit. Les négociateurs américains ont également prévu une rencontre séparée avec des représentants russes en Floride. Cependant, le Kremlin, par la voix de Vladimir Poutine, a exprimé un scepticisme quant aux chances de succès, affichant une inflexibilité notable.
Des groupes de travail, incluant des représentants militaires, se sont réunis en Floride, avec la présence attendue de représentants des gouvernements ukrainien et européen, dont Frédéric Merz, conseiller en politique étrangère de la chancelière allemande. Une rencontre entre l’envoyé spécial du président américain en Ukraine, Steve Witkoff, et des représentants de la Grande-Bretagne et de la France était également prévue. Aucune discussion directe entre les délégations allemande et russe n’était au programme.
La délégation russe était dirigée par Kirill Dmitriev, conseiller de Poutine, et devait discuter avec Witkoff des conclusions des pourparlers de Berlin. Les discussions se concentrent principalement sur deux points : les garanties de sécurité et les questions territoriales.
Des progrès significatifs semblent avoir été réalisés concernant les garanties de sécurité en cas de cessez-le-feu. Le chancelier allemand Merz a souligné l’importance des propositions américaines, qui visent à offrir à l’Ukraine des garanties proches de l’article 5 du traité de l’OTAN, stipulant qu’une attaque contre un État membre est considérée comme une attaque contre tous. En outre, les Européens, avec le soutien des États-Unis, ont proposé la création d’une « force multinationale » pour assurer la sécurité en Ukraine, sur terre, en mer et dans les airs.
Volodymyr Zelensky a, de son côté, semblé accepter l’idée que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’est pas réalisable dans l’immédiat.
La question territoriale reste toutefois le principal obstacle. La Russie exige que l’Ukraine cède les villes de la région de Donetsk, d’importance stratégique pour sa défense. Zelensky rejette catégoriquement ces exigences, soulignant que la constitution ukrainienne interdit toute cession de territoire à « l’État agresseur ».
Merz a cependant indiqué que Zelensky serait prêt à reconnaître la zone au-delà de la ligne de front actuelle comme « territoire occupé par la Russie » et a évoqué la possibilité d’une « zone démilitarisée » entre les deux parties.
Moscou attend d’être informé par Washington avant de se prononcer officiellement sur ces suggestions, affirmant ne pas vouloir s’engager dans une « diplomatie de mégaphone », selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Peskov a également fait état d’un mécontentement général à l’égard du soutien apporté à l’Ukraine, notamment par l’Union européenne.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a accusé les Européens de jouer un rôle destructeur dans les pourparlers de paix, tandis que Poutine a critiqué les « porcelets européens » lors d’une réunion avec de hauts responsables militaires. Il a également menacé de reprendre militairement les « territoires historiques » de la Russie si l’Ukraine ne cède pas sur la question territoriale.
Poutine a réaffirmé que la Russie est prête à la paix, mais uniquement à ses conditions, et a vanté de nouveaux succès militaires lors de sa conférence de presse annuelle. Parmi les exigences de Moscou figurent notamment l’abandon par l’Ukraine de tout projet d’adhésion à l’OTAN et la cession de territoires supplémentaires à la Russie.
La Russie insiste également sur la nécessité d’éliminer les « causes du conflit à Kiev », ce qui implique, selon Moscou, la possibilité d’influencer le paysage politique ukrainien. Poutine a ainsi appelé à l’inclusion des Ukrainiens ayant fui vers la Russie – entre cinq et dix millions de personnes, selon certaines estimations – dans une éventuelle élection présidentielle en Ukraine, une proposition rejetée d’emblée par Kiev. Zelensky a exclu la tenue d’élections dans les territoires occupés par la Russie, soulignant la nécessité de garantir la sécurité du processus de vote.
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