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Les États-Unis font pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il adopte un plan de paix pour Gaza

by Clara Dubois

Publié le 15 novembre 2023 10h30. Les États-Unis pressent le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution soutenant le plan de paix proposé pour Gaza, tandis que la Russie présente une contre-proposition et que le Hamas consolide son emprise sur le territoire.

  • Les États-Unis demandent un vote rapide sur leur projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, mettant en garde contre de graves conséquences pour les Palestiniens en cas d’échec.
  • Le plan américain prévoit la création d’un “comité de paix” présidé par Donald Trump et le déploiement d’une force internationale de stabilisation à Gaza.
  • Parallèlement, le Hamas renforce son contrôle sur la bande de Gaza, imposant des taxes et réglementant l’économie locale.

Washington intensifie ses efforts diplomatiques pour obtenir le soutien du Conseil de sécurité de l’ONU à son plan pour Gaza, présenté comme une opportunité historique de parvenir à une paix durable au Moyen-Orient. Un porte-parole de la mission américaine auprès de l’ONU a déclaré que les tentatives de division à ce stade risquent d’avoir des conséquences “graves, tangibles et totalement évitables” pour les Palestiniens.

Selon le projet de résolution américain, auquel l’Agence France-Presse a eu accès, un “comité de paix” serait mis en place sous la présidence de Donald Trump, avec pour mission d’assurer une “gouvernance de transition” jusqu’à fin décembre 2027. Le texte autorise également le déploiement d’une “Force internationale de stabilisation” (FIS) dotée de pouvoirs étendus, notamment l’utilisation de “toutes les mesures nécessaires” pour sécuriser les frontières en coopération avec Israël et l’Égypte, démilitariser Gaza, désarmer les groupes armés non étatiques et protéger les civils. La FIS serait également chargée de former une force de police palestinienne.

Le projet de résolution aborde également l’avenir d’un éventuel État palestinien, soulignant que, après une réforme de l’Autorité palestinienne et la reconstruction de Gaza, “les conditions pourraient enfin être réunies pour un chemin crédible vers l’autodétermination et la formation d’un État palestinien”. Les États-Unis s’engagent à engager un “dialogue entre Israël et les Palestiniens” afin de parvenir à un accord sur “un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère”.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, s’est dit optimiste quant à l’adoption de la résolution, estimant qu'”il y a des progrès dans la rédaction” et espérant un vote “très prochainement”.

Cependant, des sources diplomatiques soulignent que le texte soulève des questions importantes, notamment l’absence d’un mécanisme de surveillance par le Conseil de sécurité, le rôle de l’Autorité palestinienne et les détails du mandat de la FIS. Bien que les membres du Conseil de sécurité semblent soutenir le principe de la création du comité de paix et de la force internationale, des interrogations persistent quant à leur mise en œuvre concrète.

Parallèlement à l’initiative américaine, la Russie a présenté sa propre proposition de résolution sur Gaza au Conseil de sécurité. Selon Reuters, la proposition russe s’inspire en partie du texte américain, mais vise à élaborer une “approche équilibrée, acceptable et unifiée pour parvenir à une cessation durable des hostilités”. La proposition russe demande au secrétaire général de l’ONU d’identifier les options pour une force internationale de stabilisation, sans mentionner le “comité de paix” proposé par les États-Unis.

Sur le terrain, le Hamas consolide son contrôle sur la bande de Gaza, rétablissant son autorité dans les zones où Israël s’est retiré. Des habitants de l’enclave rapportent que le Hamas surveille étroitement les activités économiques, imposant des taxes sur certains produits importés, notamment le carburant et les cigarettes, et sanctionnant les commerçants qui pratiqueraient des prix abusifs.

« Notre objectif est que la transition se déroule en douceur. »

Ismail Al-Thawabta, chef du bureau de presse du gouvernement du Hamas

Un porte-parole du Département d’État américain a réagi à ces informations en affirmant que la situation confirme que “le Hamas ne peut pas et ne gouvernera pas Gaza”. Selon Washington, le nouvel exécutif de la bande de Gaza pourrait être formé une fois que les Nations Unies auront approuvé le plan de Trump, et des progrès sont en cours pour constituer la force multinationale.

L’Autorité palestinienne réclame une participation au nouveau gouvernement de Gaza, mais Israël s’y oppose. Les divergences entre le Fatah et le Hamas sur la formation du nouvel organe directeur compliquent également les négociations. Munther al-Hayek, porte-parole du Fatah à Gaza, a déclaré que les actions du Hamas “indiquent clairement que le Hamas veut continuer à gouverner”.

Malgré l’arrivée accrue d’aide humanitaire depuis le cessez-le-feu, les habitants de Gaza continuent de faire face à des conditions de vie désastreuses. La quasi-totalité des deux millions d’habitants de Gaza vivent dans des zones contrôlées par le Hamas, qui a pris le contrôle du territoire en 2007.

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