Publié le 23 décembre 2025 à 21h43. Les États-Unis durcissent leur contrôle sur les drones, interdisant l’importation et la vente de nouveaux modèles fabriqués par des entreprises étrangères, notamment le géant chinois DJI, au nom de la sécurité nationale.
- La Federal Communications Commission (FCC) a ajouté plusieurs fabricants de drones à une liste noire, bloquant l’accès au marché américain pour les nouveaux appareils.
- Cette décision fait suite à des années d’efforts pour limiter la présence des drones chinois, dominants sur le marché mondial.
- DJI, qui contrôle environ 70 % du marché mondial, exprime sa déception et met en avant son engagement envers la sécurité.
La FCC a pris cette mesure en se basant sur une évaluation interministérielle concluant que les drones et leurs composants fabriqués à l’étranger pourraient permettre une surveillance persistante, l’exploitation de données et des opérations destructrices sur le territoire américain. Cette décision, bien que n’affectant pas les modèles déjà approuvés ou en utilisation, marque une étape significative dans la volonté américaine de réduire sa dépendance technologique vis-à-vis de la Chine.
L’administration Trump avait déjà amorcé ce mouvement en juin dernier, en signant un décret visant à accélérer le développement de technologies de drones américaines et à renforcer la production nationale face à la concurrence étrangère. Brendan Carr, le président de la FCC, a souligné lundi sur le réseau social X l’importance de sécuriser l’espace aérien américain et de favoriser la domination américaine dans le domaine des drones. Il a précisé que cette action ne perturberait pas l’utilisation des drones déjà autorisés et qu’il existait des mécanismes pour exclure les modèles ne présentant pas de risque.
DJI a réagi en exprimant sa déception face à cette décision, qui pourrait affecter de nombreux utilisateurs de drones aux États-Unis.
« Nous sommes déçus par l’action de la FCC et notons qu’aucune information n’a été rendue publique concernant les données utilisées par l’exécutif pour parvenir à cette conclusion. »
Porte-parole de DJI
La société a réaffirmé son engagement envers le marché américain et la sécurité de ses produits, en s’appuyant sur des évaluations indépendantes. Elle a également souligné que les préoccupations concernant la sécurité des données n’étaient pas étayées par des preuves et relevaient plutôt d’un protectionnisme contraire aux principes d’un marché ouvert.
La Chine a condamné cette décision, la qualifiant de discriminatoire. Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré mardi que Pékin s’opposait à la généralisation excessive de la notion de sécurité nationale par Washington et a appelé les États-Unis à corriger leurs pratiques et à offrir un environnement équitable aux entreprises chinoises.
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de restrictions imposées à des entreprises technologiques chinoises par les États-Unis. Huawei et ZTE, deux géants des télécommunications, figurent déjà sur une liste noire similaire de la FCC pour des raisons de sécurité nationale. Les inquiétudes concernant les drones chinois ne sont pas nouvelles. En 2017, l’armée américaine avait interdit l’utilisation des drones DJI en raison de vulnérabilités en matière de cybersécurité, et le ministère de la Sécurité intérieure avait mis en garde contre le risque de transmission de données sensibles à la Chine. En 2020, DJI a été inscrite sur la liste d’entités du ministère du Commerce pour son rôle présumé dans des violations des droits de l’homme dans la région du Xinjiang. En 2022, le ministère de la Défense a ajouté DJI à une liste d’entreprises collaborant avec l’Armée populaire de libération, une qualification que DJI a contestée en justice, mais a perdu en septembre 2025.
La loi de 2025 sur l’autorisation de la défense nationale, adoptée par le Congrès l’année dernière, avait déjà exigé un examen de la sécurité des équipements fabriqués par DJI, Autel et d’autres fabricants de drones étrangers d’ici le 23 décembre 2025. DJI avait alors exprimé sa volonté de coopérer pleinement à cet examen et de fournir toutes les informations nécessaires.
CNN a contacté Autel Robotics pour obtenir un commentaire.
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