Home NouvellesLes États-Unis menacent de punir les pays qui adhéreraient à l’accord maritime – NRK Urix – Actualités et documentaires étrangers

Les États-Unis menacent de punir les pays qui adhéreraient à l’accord maritime – NRK Urix – Actualités et documentaires étrangers

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 octobre 2025 à 11h33, mis à jour à 17h14. Un accord historique visant à imposer une taxe carbone au transport maritime international a été reporté d’un an, compromettant les efforts pour décarboner ce secteur crucial. L’Arabie saoudite et les États-Unis sont à l’origine de ce blocage.

  • Le vote sur l’accord, qui aurait fait du transport maritime le premier secteur mondial à payer un prix fixe pour ses émissions de CO₂, a été repoussé d’un an.
  • L’Arabie saoudite, soutenue par une majorité de pays, a proposé ce report.
  • Les États-Unis ont exercé de fortes pressions sur plusieurs nations pour qu’elles votent contre la proposition, allant jusqu’à menacer des sanctions commerciales.

Le projet d’accord, négocié par 176 pays au sein de l’Organisation maritime internationale (OMI), visait à rendre le transport maritime neutre en carbone d’ici 2050. Il prévoyait l’instauration d’une taxe sur les émissions de CO₂ dépassant un certain seuil, avec les revenus affectés au développement de carburants alternatifs et à l’aide aux pays en développement dans leur transition énergétique. On estimait que ce fonds pourrait générer entre 100 et 150 milliards de couronnes norvégiennes (environ 9,4 à 14,1 milliards d’euros) par an.

Knut Arild Hareide, directeur général de l’Association norvégienne des transports maritimes, s’est dit pessimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord dans un avenir proche.

« Nous étions proches aujourd’hui, mais c’est un revers important. Nous constatons que des pays comme l’Arabie saoudite et les États-Unis ont gagné. »

Knut Arild Hareide, directeur général de l’Association norvégienne des transports maritimes

Il souligne que ce report est le résultat d’une forte pression exercée par ces pays.

Le ministre du Climat et de l’Environnement norvégien, Andreas Bjelland Eriksen, a exprimé sa déception face à ce report, soulignant qu’il crée une incertitude supplémentaire.

« Nous avons travaillé pendant longtemps pour mettre en place cet accord et le report ne fait désormais que créer de l’incertitude. »

Andreas Bjelland Eriksen, ministre du Climat et de l’Environnement

Les États-Unis ont activement cherché à rallier des pays à leur position, notamment en menaçant de mesures commerciales et de restrictions de visa. Selon DN, la Norvège a reçu une mise en garde formelle de la part des États-Unis en août, lui demandant de ne pas soutenir la proposition. Une déclaration commune du secrétaire d’État Marco Rubio, du ministre de l’Énergie Chris Wright et du ministre des Transports Sean Duffy, publiée en octobre, expliquait que les États-Unis ne pouvaient accepter aucun accord environnemental international qui leur imposerait une charge déraisonnable ou injuste, ou qui porterait préjudice aux intérêts du peuple américain. Déclaration commune.

Le transport maritime est responsable d’environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon Climate Action Tracker. L’accord NZF (Net Zero Framework) avait été négocié par 176 pays en avril et visait à imposer des normes plus strictes en matière d’émissions, avec une obligation pour les navires d’utiliser des carburants moins polluants à partir de 2028.

Reber Iversen, chef de projet chez Maritime Cleantek, reste optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord à l’avenir.

« On peut désormais espérer qu’une décision pourra être prise plus tard. La pression exercée par une industrie maritime mondiale unifiée ne va pas disparaître. »

Reber Iversen, chef de projet chez Maritime Cleantek

Il souligne l’importance de maintenir la pression diplomatique pour construire une coalition plus forte.

Un porte-conteneurs est à quai.
Photo : Reuters

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