Publié le 6 novembre 2025 à 08h53. Face à l’impasse politique qui paralyse Washington, l’administration américaine envisage une réduction drastique du trafic aérien, jusqu’à 10 %, pour pallier les conséquences de la fermeture partielle des services fédéraux sur la sécurité des vols.
- Les États-Unis pourraient réduire de 10 % le nombre de vols dans 40 des principaux aéroports du pays, à partir de ce vendredi.
- Cette mesure exceptionnelle est une réponse à la pénurie de contrôleurs aériens due à la fermeture des agences fédérales, qui en est à son 36e jour.
- Plus de 3,2 millions de passagers ont déjà subi des retards, et le chaos pourrait s’aggraver si l’impasse budgétaire persiste.
La situation est préoccupante. Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a annoncé que les compagnies aériennes ont reçu l’instruction de reprogrammer leurs vols en 36 heures, ce qui a provoqué une ruée vers les centres d’assistance clientèle. Selon Duffy, cette décision, bien que contraignante, est nécessaire pour garantir la sécurité aérienne.
La Federal Aviation Administration (FAA), l’autorité de l’aviation civile américaine, prévoit une réduction progressive de la capacité de vol : 4 % dans un premier temps, puis 5 % samedi, 6 % dimanche et jusqu’à 10 % la semaine prochaine. Les vols internationaux ne seront pas affectés par ces restrictions. Environ 1 800 vols, soit 268 000 sièges, pourraient être supprimés, touchant des plateformes majeures comme New York, Washington D.C., Chicago, Atlanta, Los Angeles et Dallas.
La FAA justifie ces mesures par un manque de personnel criant. Plus de 3 500 contrôleurs aériens sont manquants, obligeant ceux en poste à effectuer des heures supplémentaires considérables, même avant le début de la fermeture. La situation est d’autant plus critique que 13 000 contrôleurs aériens et 50 000 agents de sécurité aéroportuaire sont actuellement en congé sans solde en raison de l’arrêt des services fédéraux.
Les principales compagnies aériennes, United, American et Southwest, se mobilisent pour évaluer l’impact de ces restrictions. United a confirmé qu’elle maintiendrait ses vols internationaux et ses liaisons principales, tout en réduisant certains vols intérieurs et en offrant aux passagers la possibilité d’annuler leur voyage et d’obtenir un remboursement intégral.
L’Association des agents de bord (AFA-CWA), représentant plus de 55 000 membres, a vivement critiqué le gouvernement, estimant qu’il « nuit à l’ensemble de la population ». Elle a appelé les deux parties à mettre fin à ce conflit politique qui engendre des souffrances généralisées.
La fermeture des services fédéraux, débutée le 1er octobre, a déjà perturbé de nombreux services publics. Quelque 750 000 fonctionnaires sont au chômage technique, et de nombreuses familles à faibles revenus se retrouvent privées d’aides alimentaires et sociales essentielles.
Sean Duffy a mis en garde contre une escalade de la situation. Si la fermeture se prolongeait d’une semaine, il craint un « chaos massif » pouvant entraîner la fermeture de certaines parties de l’espace aérien américain. Les compagnies aériennes, de leur côté, préviennent que le nombre de passagers pourrait chuter si la crise n’est pas résolue rapidement. Mercredi dernier, plus de 2 100 vols avaient déjà été retardés, et les actions de plusieurs grandes compagnies aériennes ont connu une baisse d’environ 1 % en bourse.
Pour plus d’informations sur la situation, vous pouvez consulter l’article de Reuters.
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