Home NouvellesLes États-Unis sanctionnent 29 navires de la « flotte fantôme » iranienne et renforcent la pression sur Téhéran et le Venezuela

Les États-Unis sanctionnent 29 navires de la « flotte fantôme » iranienne et renforcent la pression sur Téhéran et le Venezuela

by Nicolas Lefèvre

Publié le 19 décembre 2025 à 20h30. L’administration Trump a annoncé de nouvelles sanctions ciblant le commerce pétrolier iranien et, indirectement, le Venezuela, intensifiant la pression économique sur ces deux pays et provoquant une légère hausse des prix du pétrole.

  • Les États-Unis ont sanctionné 29 navires et une entreprise égyptienne impliqués dans le transport de pétrole iranien.
  • Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et à limiter ses revenus pétroliers.
  • Le Venezuela, allié de l’Iran, est également affecté par ces sanctions en raison de sa coopération pour contourner les restrictions américaines.

Washington a annoncé ce jeudi de nouvelles sanctions contre 29 navires et les entreprises qui leur fournissent des services logistiques pour le transport du pétrole iranien. L’objectif affiché est de perturber la commercialisation du pétrole brut et des produits dérivés iraniens – fioul, bitume, naphta et condensats – vendus en Asie malgré les sanctions américaines.

L’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a également inscrit l’homme d’affaires égyptien Hatem Elsaid Farid Ibrahim Sakr sur la liste des personnes sanctionnées. Selon le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, John K. Hurley, ces mesures sont une réponse directe aux ambitions nucléaires de Téhéran.

« Comme le président Trump l’a répété à plusieurs reprises, les États-Unis ne permettront pas à l’Iran de posséder l’arme nucléaire. »

John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier

Les États-Unis maintiennent un régime de sanctions strict contre l’Iran, cherchant à mettre fin à son programme nucléaire et à son soutien aux groupes militants au Moyen-Orient. Téhéran continue d’affirmer que son programme nucléaire est exclusivement à des fins civiles. Les tensions entre les deux pays se sont accrues suite à une offensive aérienne en juin, impliquant des frappes américano-israéliennes sur des installations nucléaires iraniennes.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, plus de 180 navires liés au transport du pétrole iranien et de ses dérivés ont été sanctionnés. Le Département du Trésor affirme que ces mesures ont augmenté les coûts pour les exportateurs iraniens et réduit leurs revenus. Cependant, l’intensification de la surveillance maritime et le blocus naval du Venezuela ont contribué à une hausse de 2 % du prix du pétrole, selon Bloomberg.

Ces nouvelles sanctions s’inscrivent également dans le cadre d’une stratégie de pression sur le Venezuela, qui, confronté à une pénurie d’essence depuis 2020, s’est rapproché de l’Iran pour obtenir les diluants et dérivés nécessaires à la production de carburant. Bien que Chevron ait obtenu une licence large l’année dernière, permettant au Venezuela d’importer des produits dérivés américains jusqu’en juillet, le pays sud-américain aurait augmenté ses achats pour constituer des stocks en prévision d’un renforcement des sanctions.

L’Iran, allié de longue date du gouvernement vénézuélien, a joué un rôle crucial dans la réactivation des raffineries et des équipements pétroliers vénézuéliens, qui étaient restés inopérants pendant des années en raison de la corruption et de la mauvaise gestion au sein de PDVSA, la compagnie pétrolière nationale. Téhéran a également facilité l’accès du Venezuela au marché noir du pétrole brut.

Malgré une surveillance accrue et la récente saisie du navire Skipper, le gouvernement vénézuélien a affirmé qu’il maintiendrait ses exportations de pétrole. Selon Reuters, deux superpétroliers ont quitté le Venezuela à destination de la Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, jeudi. Ces navires ne figurent pas actuellement sur la liste des sanctions.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.