Publié le 11 décembre 2025 à 19h41. Les États-Unis intensifient leur pression sur le régime de Nicolás Maduro en se préparant à intercepter davantage de pétroliers vénézuéliens, après la saisie d’un navire cette semaine, une action qui pourrait paralyser l’économie du pays.
- Washington prévoit de cibler d’autres navires transportant du pétrole vénézuélien, y compris ceux ayant fait escale dans d’autres pays sous le coup de sanctions, comme l’Iran.
- La saisie du pétrolier a semé l’inquiétude parmi les armateurs et les opérateurs maritimes, dont certains envisagent de quitter les eaux vénézuéliennes.
- La Russie et la Biélorussie ont contacté Nicolás Maduro, évoquant la possibilité d’un exil, tandis que le président vénézuélien aurait proposé à Donald Trump une amnistie légale en échange de son départ.
Les États-Unis se préparent à renforcer leurs opérations maritimes dans les Caraïbes afin d’empêcher le Venezuela de contourner les sanctions américaines en vigueur depuis 2019. Cette escalade intervient alors que l’administration Trump poursuit sa campagne pour le renversement de Nicolás Maduro, dont la légitimité est contestée par Washington et de nombreux pays occidentaux.
Selon six sources proches du dossier, la saisie du pétrolier en début de semaine marque une première. Elle a immédiatement provoqué une onde de choc dans le secteur maritime. Des sources maritimes indiquent que « les armateurs, les opérateurs et les agences maritimes impliqués dans le transport du brut vénézuélien reconsidèrent leur présence dans les eaux vénézuéliennes » et pourraient se retirer dans les prochains jours.
L’administration américaine ne se limite pas à cette action ponctuelle. Elle a dressé une liste de cibles potentielles, comprenant d’autres pétroliers sanctionnés, et prévoit d’autres interventions directes dans les semaines à venir. Ces opérations viseraient spécifiquement les navires transportant du pétrole vénézuélien, mais aussi ceux ayant transporté du pétrole en provenance d’autres pays sous le coup de sanctions, comme l’Iran, selon les mêmes sources.
La compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA n’a pas souhaité commenter cette affaire. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé cette saisie comme un « vol ».
Interrogée sur d’éventuelles nouvelles saisies de navires, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes qu’elle ne pouvait pas commenter les actions futures, mais a réaffirmé l’engagement des États-Unis à appliquer la politique de sanctions du président Trump.
« Nous n’allons pas rester les bras croisés et regarder des navires sanctionnés naviguer sur les mers avec du pétrole du marché noir, dont les revenus alimenteront le narcoterrorisme des régimes voyous et illégitimes à travers le monde. »
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche
La réduction, voire l’arrêt, des exportations de pétrole vénézuélien, principale source de revenus du gouvernement Maduro, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les finances du pays.
Parallèlement à cette pression économique, des contacts diplomatiques se nouent en coulisses. La Russie et son allié, la Biélorussie, ont pris contact avec Nicolás Maduro, évoquant la possibilité d’un exil. Selon des sources de Reuters, Maduro aurait même proposé à Donald Trump une amnistie légale totale en échange de son départ du Venezuela lors d’un appel téléphonique le 21 novembre.
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a rencontré à deux reprises en 17 jours Jesús Rafael Salazar Velásquez, l’ambassadeur du Venezuela à Moscou. L’agence de presse d’État biélorusse Belta a rapporté que Loukachenko avait déclaré le 25 novembre à l’envoyé que Maduro était toujours le bienvenu en Biélorussie et qu’il était temps pour lui de lui rendre visite. Le 11 décembre, Belta a cité Loukachenko « rappelant » à Velásquez qu’ils avaient convenu lors de leur première rencontre de « coordonner certaines questions » avec Maduro.
Interrogé par Reuters sur l’importance de ces rencontres et sur la possibilité que la Biélorussie offre un refuge à Maduro en cas de démission, le bureau de Loukachenko n’a pas répondu.
Le Kremlin a quant à lui affirmé que le président russe Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique avec Maduro, « a réaffirmé son soutien à la politique du gouvernement de Maduro, visant à protéger les intérêts nationaux et la souveraineté face à une pression extérieure croissante ».
L’administration Trump ne reconnaît pas Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, comme président légitime du Venezuela. Elle conteste sa réélection l’année dernière, la qualifiant de fraude, une position partagée par les États-Unis et d’autres gouvernements occidentaux. Des observateurs indépendants ont estimé que l’opposition avait remporté une victoire écrasante.
-Reuters