Publié le 16 novembre 2025. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Thaïlande sont au point mort après la décision de Bangkok de suspendre la mise en œuvre d’un accord de paix avec le Cambodge, une initiative qui avait reçu le soutien de Washington.
- Les États-Unis ont temporairement interrompu les discussions commerciales avec la Thaïlande.
- La suspension fait suite à l’annonce thaïlandaise de mettre fin à la coopération sur un accord de paix signé avec le Cambodge.
- Un incident impliquant une mine terrestre ayant blessé des soldats thaïlandais est à l’origine de la décision de Bangkok.
La Thaïlande a exprimé sa déception face à la réaction américaine, estimant que les questions de sécurité frontalières avec le Cambodge ne devraient pas être liées aux discussions commerciales bilatérales. Le porte-parole du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, Nikorndej Balankura, a indiqué que Bangkok avait reçu une notification officielle de la part du représentant adjoint au commerce des États-Unis vendredi soir.
Selon M. Balankura, Washington souhaite suspendre temporairement les négociations concernant un accord-cadre bilatéral jusqu’à ce que la Thaïlande réaffirme son engagement envers l’accord conclu à Kuala Lumpur, en présence du président américain Donald Trump.
Un incident frontalier à l’origine de la crise
La décision thaïlandaise de suspendre sa participation à l’accord de paix fait suite à un incident survenu le 10 novembre 2025 dans la province de Sakaeo, où une mine terrestre a blessé quatre soldats thaïlandais. Le Premier ministre Anutin Charnvirkul avait alors annoncé la fin de la coopération thaïlandaise sur ce dossier.
Le président Trump s’est entretenu par téléphone avec les dirigeants thaïlandais et cambodgiens vendredi soir, exprimant son inquiétude face à l’évolution de la situation à la frontière. En route vers la Floride, il a affirmé aux journalistes avoir « mis fin à une guerre aujourd’hui – grâce à l’utilisation, et à la menace, de droits de douane ». Il a également estimé que les deux pays étaient « sur la bonne voie ».
Le Cambodge au centre des préoccupations
Lors de sa conversation avec M. Trump, le Premier ministre Anutin a souligné que la Thaïlande restait attachée à la paix, mais a insisté sur la nécessité pour le Cambodge de reconnaître les faits, d’assumer la responsabilité de l’incident de la mine terrestre et de prendre des mesures pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. La suite des événements dépendra donc en grande partie de la réaction de Phnom Penh.
Anutin a également informé le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, en sa qualité de président de l’ASEAN, de la situation. Il a rappelé que le déminage était un élément central de la déclaration conjointe signée avec le Cambodge.
Craintes de nouvelles mesures tarifaires
Le Premier ministre thaïlandais a reconnu que le président Trump pourrait envisager de nouvelles mesures tarifaires en réponse à la suspension de l’accord de paix. Dans ce contexte, la Thaïlande chercherait à diversifier ses partenaires commerciaux. S’exprimant devant le Collège de défense nationale, M. Anutin a également évoqué une conversation avec M. Trump au sujet des négociations commerciales bilatérales, demandant une réduction des droits de douane thaïlandais, actuellement fixés à 19 %. Le président américain a promis d’étudier de nouvelles réductions « si le déminage progresse rapidement ».
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a déclaré samedi sur Facebook que Phnom Penh continuerait à mettre en œuvre l’accord et espérait une collaboration constructive avec toutes les parties concernées, conformément aux principes et mécanismes convenus.
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