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Les étudiants britanniques abandonnent les langues et les arts. Assurons-nous que cela n’arrive jamais ici – The Irish Times

L'enseignement des langues vivantes au Royaume-Uni est en voie de disparition, une tendance alarmante qui pourrait avoir des conséquences profondes sur l'employabilité et les compétences des futurs diplômés. Alors que le système éducatif irlandais maintient un équilibre entre…

Les étudiants britanniques abandonnent les langues et les arts. Assurons-nous que cela n’arrive jamais ici – The Irish Times

L’enseignement des langues vivantes au Royaume-Uni est en voie de disparition, une tendance alarmante qui pourrait avoir des conséquences profondes sur l’employabilité et les compétences des futurs diplômés. Alors que le système éducatif irlandais maintient un équilibre entre les matières scientifiques et les humanités, l’exemple britannique sert d’avertissement.

La suppression de l’obligation de suivre une langue étrangère au niveau du GCSE (équivalent du brevet) en 2004 a marqué un tournant, selon Mark Boobbyer, directeur du St Columba’s College de Dublin. De nombreux établissements d’enseignement supérieur ne proposent désormais plus de cursus en langues. « Si le message est envoyé par les gouvernements selon lequel certains sujets ont moins de valeur que d’autres, il y aura des conséquences », souligne-t-il.

Au Royaume-Uni, le coût élevé des études universitaires pousse les étudiants à privilégier les filières perçues comme directement professionnalisantes : commerce, gestion, finance, droit. Les cursus en lettres classiques, langues modernes, histoire ou anglais sont considérés comme un luxe, nécessitant souvent des études complémentaires pour déboucher sur un emploi. Pourtant, ces disciplines développent des compétences essentielles en communication et une compréhension des sciences humaines, précieuses dans le monde du travail.

L’étude de la littérature, de l’histoire, de l’art et de la musique, ainsi que des langues et des cultures, contribue à l’épanouissement personnel et à l’empathie. « Débarrassez-vous-en et vous perdez beaucoup plus que vous ne le pensez », affirme M. Boobbyer.

L’étroitesse du programme de baccalauréat britannique, où les élèves ne suivent que trois matières pendant leurs deux dernières années d’études, renforce cette tendance. Le choix des matières au niveau A (équivalent de la terminale) est guidé par la perspective d’un emploi futur, au détriment des filières plus théoriques. Les universités du Russell Group, les plus prestigieuses du Royaume-Uni, semblent également décourager les élèves intéressés par les arts créatifs.

À l’inverse, en Irlande, les élèves suivent sept matières au Certificat de sortie, assurant un équilibre entre les sciences et les humanités. L’irlandais est obligatoire pour la plupart, et une langue moderne est souvent exigée pour l’admission dans les universités les plus sélectives. Au St Columba’s College, tous les élèves sont tenus d’apprendre une langue étrangère.

« L’Irlande fait partie de l’UE et a donc peut-être une vision du monde plus saine que le Royaume-Uni », observe M. Boobbyer, qui se décrit lui-même comme Anglais. Il critique l’arrogance britannique qui consiste à penser que tout le monde devrait apprendre l’anglais.

Enfin, M. Boobbyer anticipe que l’intelligence artificielle prendra en charge de nombreuses tâches actuellement effectuées par les diplômés en commerce, finance et technologie. Les entreprises auront alors besoin de jeunes diplômés capables de communiquer efficacement, de faire preuve d’empathie, de parler une langue étrangère et de travailler en équipe. À ce stade, les diplômés irlandais, grâce à leur formation équilibrée, pourraient être particulièrement recherchés. Il appelle le Royaume-Uni à élargir son programme de fin d’études et à encourager l’apprentissage des langues et des sciences humaines avant qu’il ne soit trop tard.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.